Zonier

Le zonier est la grille géographique avec laquelle un assureur fait varier son tarif auto ou habitation selon l’endroit où se trouve le risque.

Le zonier est la grille géographique avec laquelle un assureur fait varier son tarif selon l’endroit où se trouve le risque : la localisation du logement en assurance habitation, la zone de circulation et le lieu de stationnement habituel du véhicule en assurance auto. Les tarifs étant libres, chaque assureur peut établir la sienne.

Deux logements identiques, à deux adresses différentes, n’ont pas forcément la même prime. Le zonier explique une partie de l’écart, mais pas tout. La surprime catastrophes naturelles suit un taux national, certains critères sont interdits, et des règles précises s’appliquent quand vous déménagez ou quand un assureur refuse de vous couvrir.

Ce que votre adresse change au prix

Pour l’habitation, Service Public est clair : les tarifs fixés par les assureurs sont libres, et les cotisations peuvent varier d’une compagnie à l’autre pour la même garantie. Parmi les principaux facteurs de prix, la fiche cite la localisation du logement, à côté de sa superficie, de son type, de sa valeur et de celle de son contenu, et du profil de l’assuré. ABE Info Service, le site d’information de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF, parle du « lieu (zone géographique) » et ajoute les sinistres passés.

En auto, le tarif n’est pas réglementé, mais librement fixé par les assureurs (Service Public, cotisation d’assurance auto). La zone géographique de circulation ou de garage, rurale ou urbaine, fait partie des critères retenus, avec la puissance et l’usage du véhicule, le kilométrage, l’âge, l’expérience et les antécédents du conducteur. ABE Info Service cite de son côté la zone de circulation et le lieu de stationnement habituel du véhicule.

La place de l’adresse dans le tarif
AssuranceCritère géographique citéAutres critères cités
HabitationLocalisation du logement (Service Public) ; lieu, c’est-à-dire zone géographique (ABE Info Service)Superficie, type et nature du logement, valeur du logement et de son contenu, profil de l’assuré, sinistres passés, étendue de la couverture
AutoZone géographique de circulation ou de garage, rurale ou urbaine (Service Public) ; zone de circulation et lieu de stationnement habituel (ABE Info Service)Puissance, marque et modèle, usage du véhicule, kilométrage, âge, mode d’apprentissage de la conduite, expérience, antécédents

Pourquoi l’adresse pèse-t-elle ? Service Public donne une indication pour l’auto : pour fixer leurs tarifs, les compagnies d’assurance s’appuient notamment sur des statistiques portant sur le nombre et le coût des accidents. La zone fait partie des critères qui rattachent votre contrat à ces statistiques, c’est-à-dire à la sinistralité observée. Notre guide sur les garanties et les prix de l’assurance habitation détaille les autres éléments du tarif.

Tarif libre ne veut pas dire tous les critères

La liberté tarifaire a des limites. En auto, l’assureur ne doit pas tenir compte du sexe du conducteur pour fixer la cotisation, rappelle Service Public.

Le cas du lieu de résidence est plus nuancé. Il figure parmi les critères de discrimination définis par la loi, alors que Service Public cite la localisation du logement parmi les principaux facteurs du tarif habitation. Le Défenseur des droits le range parmi les critères « relevant de la seule législation française ». Pour cette autorité, une discrimination est un traitement défavorable qui remplit généralement deux conditions : être fondé sur un critère défini par la loi, et relever d’une situation visée par la loi, comme l’accès à un service. Service Public, qui cite aussi le lieu de résidence dans sa fiche sur la discrimination, précise que dans certaines situations, un motif précis peut justifier une différence de traitement.

Si vous pensez avoir été traité défavorablement à cause de votre adresse, par exemple en vous voyant refuser un contrat, vous pouvez saisir gratuitement le Défenseur des droits, par téléphone au 3928 ou en ligne.

Catastrophes naturelles : un taux national, quelle que soit la zone

La garantie catastrophes naturelles est automatiquement incluse dans les contrats qui couvrent les dommages aux biens, comme la multirisque habitation et certains contrats auto, et un assureur ne peut pas la refuser quand vous souscrivez un tel contrat (Service Public). Le régime repose sur la solidarité nationale : tous les assurés contribuent, par une surprime obligatoire sur les assurances de biens, même s’ils ne résident pas dans une zone exposée. Selon le ministère de l’Économie, cette mutualisation permet d’éviter une forte hausse des primes dans les zones les plus exposées aux catastrophes naturelles.

Le taux de cette surprime échappe au zonier. « Fixé par arrêté pour chaque catégorie de contrat, le taux de cette surprime est identique sur l’ensemble du territoire, quel que soit le niveau d’exposition aux risques naturels », résumait le Sénat dans un rapport de 2019. En juin 2026, le premier rapport de l’Observatoire de l’assurabilité, confié par le Gouvernement à la Caisse centrale de réassurance (CCR), le réassureur public, décrit toujours un « taux de surprime unique, indépendante de l’exposition individuelle aux risques de catastrophes naturelles ».

Taux de la surprime catastrophes naturelles
ContratJusqu’au 31 décembre 2024Depuis le 1er janvier 2025
Dommages aux biens (habitation et biens professionnels)12 %20 %
Automobile6 %9 %

Source : ministère de l’Économie, page sur l’indemnisation des catastrophes naturelles (juillet 2026).

Attention, le taux est le même partout, pas le montant. La surprime se calcule en pourcentage de la prime : si le zonier rend votre contrat plus cher, la surprime en euros suit. Exemple (calcul simplifié, montants fictifs) : deux logements dont la prime avant surprime est de 250 € pour l’un et de 400 € pour l’autre, parce que l’assureur les classe dans deux zones différentes. Avec un taux de 20 %, la surprime atteint 50 € pour le premier et 80 € pour le second. L’écart de 30 € découle ici de la prime de départ, pas du taux. Pour un ordre de grandeur réel, la CCR indique que la prime catastrophes naturelles représentait, jusqu’à fin 2024, entre 10 et 50 € par an et par habitation, selon les caractéristiques du contrat.

La franchise suit la même logique nationale : 380 € pour une habitation, 1 520 € lorsque le dommage est lié à un mouvement de terrain consécutif à une sécheresse ou à une réhydratation du sol. Pour les événements survenus depuis le 1er janvier 2023, l’assureur ne peut plus la moduler à la hausse pour un particulier en fonction du nombre de reconnaissances dans la commune (ministère de l’Économie).

Zone exposée : peut-on vous refuser une assurance ?

Un assureur peut refuser d’assurer un bien. Mais s’il vous couvre en dommages aux biens, il ne peut écarter la garantie catastrophes naturelles que dans des cas précisément définis par la loi, que le Sénat résumait ainsi en 2019 : biens en infraction, nouvelles habitations bâties sur des zones déclarées inconstructibles par un plan de prévention des risques naturels, ou ne respectant pas certaines mesures de prévention.

Si un assureur refuse de vous couvrir en raison de l’importance du risque de catastrophes naturelles auquel votre bien est soumis, vous pouvez saisir le Bureau central de tarification (BCT). Celui-ci impose alors à l’assureur la souscription du contrat comprenant cette garantie. Si le risque présente une importance ou des caractéristiques particulières, il peut aussi vous demander de présenter d’autres assureurs, pour répartir le risque entre eux (Service Public Entreprendre).

Ce recours reste rare. Selon le rapport de l’Observatoire de l’assurabilité, le BCT n’a été saisi en matière de catastrophes naturelles que 9 fois en 2024, 3 fois en 2023, 6 fois en 2022 et 10 fois en 2021, ce qui « laisse à penser qu’aucune zone du territoire n’est dépourvue d’assurance ». Le même rapport mesure, commune par commune, la présence des assureurs pour l’assurance habitation des maisons individuelles, sur des données de 2022. Résultat : 97,7 % des communes de métropole étudiées ne présentent aucune tension, et aucun territoire n’est en tension forte. 903 communes, environ 2,6 % du total, ressortent en tension. Elles comptent un peu plus de 3 millions d’habitants, dont 1,6 million dans les territoires d’outre-mer étudiés (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et La Réunion), où toutes les communes analysées sont concernées. Le rapport n’examine pas les prix, pour des raisons liées au droit de la concurrence : il dit où l’on trouve un assureur, pas à quel tarif.

Le Bureau central de tarification, en auto et pour les catastrophes naturelles
PointAssurance autoCatastrophes naturelles
Quand le saisirL’assureur refuse de vous couvrir en responsabilité civile obligatoire, ou ne répond pas dans les 15 jours suivant la réception de votre demandeUn assureur refuse de vous couvrir en raison de l’importance du risque de catastrophes naturelles, ou ne répond pas dans les 15 jours : un seul refus suffit, puis vous avez 15 jours pour saisir le BCT
Ce que fait le BCTIl fixe le montant de la cotisation ; depuis la loi du 26 mai 2026, il doit statuer dans un délai de trois moisIl impose à l’assureur la souscription du contrat comprenant la garantie, et peut faire répartir un risque important entre plusieurs assureurs
LimiteSeule la responsabilité civile obligatoire est concernée : vol, incendie, bris de glace ou tous risques restent à l’appréciation de l’assureurSaisines rares : 9 en 2024

Sources : Service Public, refus d’assurer un véhicule, Service Public Entreprendre, site du BCT et rapport de la CCR (juin 2026).

En auto, la démarche est encadrée : demandez à l’assureur qui vous refuse deux exemplaires de la proposition d’assurance, renvoyez-en un complété à son siège social en recommandé avec accusé de réception, puis, en cas de refus ou de silence de 15 jours, saisissez le BCT par lettre recommandée avec accusé de réception ou par envoi recommandé électronique.

Vous déménagez : votre prime peut bouger

Changer d’adresse peut vouloir dire changer de zone. Si vous êtes locataire, vous devez informer votre assureur habitation dans les 15 jours calendaires après avoir quitté le logement (Service Public, déménagement du locataire). Le contrat peut vous suivre si l’assureur l’accepte, par un avenant qui modifie la désignation du logement. Si le changement de logement modifie les risques, l’assureur peut revoir la cotisation, à la hausse ou à la baisse. Vous pouvez aussi résilier pour cause de déménagement, au plus tard 3 mois après avoir quitté l’ancien domicile : la résiliation prend effet un mois après réception de votre courrier, et le contrat ne peut pas vous imposer d’indemnité.

Plus largement, quand le risque décrit à la souscription s’aggrave, vous devez déclarer ces circonstances nouvelles dans les 15 jours à partir du moment où vous en avez eu connaissance. L’assureur peut alors résilier le contrat ou vous proposer une nouvelle prime (ministère de l’Économie). En auto, une nouvelle adresse peut changer la zone de circulation et le lieu de stationnement habituel que vous avez déclarés : prévenez votre assureur.

Si la nouvelle cotisation ne vous convient pas, le changement de domicile fait partie des motifs de résiliation, à condition qu’il ait une incidence sur le risque couvert. Après un an de contrat, vous pouvez de toute façon résilier à tout moment une assurance auto ou habitation tacitement reconductible, sans frais ni pénalités, en application de la loi relative à la consommation de 2014 (ministère de l’Économie, résiliation).

Déclarer une autre adresse : un calcul perdant

Déclarer le garage d’un proche situé dans une zone moins chère, plutôt que votre lieu de stationnement réel, peut sembler une économie facile. C’est une fausse déclaration. En auto, si la mauvaise foi est constatée, le contrat peut être déclaré caduc : l’assureur n’interviendra pas pour vous indemniser et conservera les cotisations déjà versées. Les indemnités peuvent aussi être réduites, et vous pourriez devoir indemniser vous-même en partie les victimes en cas d’accident (Service Public, conclusion d’un contrat auto). En habitation, un contrat obtenu par une déclaration de mauvaise foi peut être déclaré sans effet par le juge.

Connaître les risques de votre adresse

À la différence du zonier, propre à chaque assureur, les zonages réglementaires sont consultables par tous. L’état des risques, obligatoire lors de la vente ou de la location d’un logement situé dans une zone à risque définie par la réglementation, signale notamment si le bien se trouve dans le périmètre d’un plan de prévention des risques, dans une zone de sismicité de niveau 2 à 5, dans une zone à potentiel radon significatif ou dans une zone exposée au recul du trait de côte. Il liste aussi les arrêtés de catastrophe naturelle pris dans la commune qui ont affecté le bien et donné lieu à une indemnisation. L’ensemble de ces informations peut être obtenu sur le site Géorisques (Service Public, état des risques).

Nos fiches sur les zones inondables (PPRI), la zone de sismicité, les zones argileuses et le recul du trait de côte détaillent ces zonages.

Comparer pour la même adresse

Puisque les cotisations peuvent varier d’une compagnie à l’autre pour la même garantie, le même logement ou la même voiture, à la même adresse, peut coûter plus cher chez un assureur que chez un autre. Adallom Assurance, courtier sans lien d’exclusivité avec un assureur et immatriculé à l’ORIAS sous le n° 11061659, peut comparer avec vous plusieurs contrats d’assurance auto ou d’assurance habitation pour votre adresse, partout en France, DROM compris. Le devis se fait en ligne en 2 minutes, et un conseiller vous rappelle dans un délai de 5 minutes à 24 heures.

Questions fréquentes

Qu’est-ce qu’un zonier en assurance ?

C’est la grille géographique qu’un assureur utilise pour faire varier son tarif selon la localisation du risque : l’adresse du logement en habitation, la zone de circulation et le lieu de stationnement du véhicule en auto. Les tarifs étant libres, chaque assureur peut établir la sienne, et les cotisations peuvent varier d’une compagnie à l’autre pour la même garantie.

La surprime catastrophes naturelles dépend-elle de ma commune ?

Non. Son taux est fixé par arrêté pour chaque catégorie de contrat et reste identique sur tout le territoire, quel que soit le niveau d’exposition : 20 % pour les contrats de dommages aux biens et 9 % pour les contrats auto depuis le 1er janvier 2025. Son montant en euros suit en revanche votre prime.

Que faire si aucun assureur ne veut m’assurer ?

Vous pouvez saisir le Bureau central de tarification. En auto, il intervient pour la responsabilité civile obligatoire, après un refus ou une absence de réponse de l’assureur dans les 15 jours, et fixe le montant de la cotisation. Pour les catastrophes naturelles, il impose à l’assureur qui vous a refusé la souscription du contrat comprenant cette garantie.

Dois-je prévenir mon assureur quand je déménage ?

Oui. Un locataire doit informer son assureur habitation dans les 15 jours calendaires après avoir quitté le logement. Le contrat peut être transféré par avenant, avec une cotisation revue à la hausse ou à la baisse, ou résilié au plus tard 3 mois après le départ. En auto, signalez la nouvelle zone de circulation et le nouveau lieu de stationnement.

Pour aller plus loin

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