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SSIAD (services de soins infirmiers à domicile)

SSIAD (services de soins infirmiers à domicile)

Le SSIAD assure chez vous, sur prescription médicale, des soins infirmiers et d’hygiène pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

Un SSIAD (service de soins infirmiers à domicile) envoie chez vous, sur prescription médicale, des infirmiers et des aides-soignants pour des soins techniques (pansements, injections, distribution des médicaments) et des soins d’hygiène. Il s’adresse surtout aux personnes de 60 ans et plus malades ou dépendantes. Les soins sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie.

On pense au SSIAD à la sortie de l’hôpital, ou le jour où la toilette devient trop difficile pour un parent qui vit seul. Encore faut-il savoir qui y a droit, comment l’obtenir et surtout ce qu’il ne fait pas : le ménage, les courses et les repas relèvent d’un autre service, avec un autre financement. Et depuis la réforme des services autonomie à domicile, le nom lui-même est en train de changer.

SSIAD ou service autonomie à domicile : quel nom en 2026 ?

Depuis 2022, les pouvoirs publics réorganisent les services à domicile autour d’une structure unique, le service autonomie à domicile (SAD). Il en existe deux formes. Le « SAD mixte » assure à la fois l’aide et les soins. Le « SAD Aide » ne propose que de l’aide et de l’accompagnement, à condition d’organiser l’accès aux soins pour les personnes qui en ont besoin. Les SSIAD sont appelés à se rapprocher d’un service d’aide à domicile, ou à développer eux-mêmes une activité d’aide avec l’accord de l’agence régionale de santé et du département, pour devenir des SAD mixtes.

Le cadre vient de l’article 44 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2022 et du décret n° 2023-608 du 13 juillet 2023. Les services avaient jusqu’au 31 décembre 2025 pour se conformer au cahier des charges et se constituer en SAD. La loi « Bien vieillir » du 8 avril 2024 a toutefois prévu des assouplissements : pendant une période transitoire de cinq ans, un SAD mixte peut se constituer sans former une entité juridique unique, et un SSIAD dont la demande d’autorisation a été refusée continue de fonctionner jusqu’à deux ans après ce refus. Dans une réponse ministérielle publiée au Journal officiel du 4 août 2026, le gouvernement indique que 61 % des SSIAD avaient vu leur demande d’autorisation en SAD mixte autorisée ou très probablement autorisée au 1er mars 2026.

Pour vous, la différence est surtout pratique : une même structure peut organiser la toilette, les soins infirmiers et l’aide à la vie quotidienne. Côté soins, le principe ne bouge pas. Ils restent prescrits par un médecin et financés par l’Assurance Maladie, par l’intermédiaire de l’agence régionale de santé, tandis que le département finance l’aide. Dans la suite de cette fiche, « SSIAD » désigne indifféremment un SSIAD ou le volet soins d’un SAD mixte.

Qui peut en bénéficier ?

D’après la fiche Service Public consacrée au SSIAD, trois situations ouvrent droit au service :

  • vous avez au moins 60 ans et vous êtes malade ou dépendant ;
  • vous avez moins de 60 ans et vous présentez un handicap ;
  • vous avez moins de 60 ans et vous êtes atteint d’une pathologie chronique ou de certains types d’affection, par exemple une affection de longue durée (ALD).

Aucun classement dans la grille AGGIR n’est demandé. C’est le besoin de soins, constaté par un médecin, qui déclenche l’intervention. Ce médecin peut être votre médecin traitant ou un médecin hospitalier, par exemple au moment d’une sortie d’hospitalisation.

Les objectifs affichés sont concrets : prévenir la perte d’autonomie, éviter une hospitalisation, faciliter le retour à domicile après un séjour à l’hôpital et retarder l’entrée dans un établissement comme un EHPAD.

Ce que fait le SSIAD, et ce qu’il ne fait pas

Les équipes se composent essentiellement d’aides-soignants et d’infirmiers diplômés d’État. Un infirmier coordonnateur évalue d’abord vos besoins à domicile. Les équipes réalisent ensuite deux types de soins :

  • des actes infirmiers et de surveillance : pansements, injections, distribution des médicaments ;
  • des soins d’hygiène et de confort : aide à la toilette, soins d’assistance liés à l’hygiène.

Les soins peuvent être de courte, de moyenne ou de longue durée, selon votre état de santé et vos besoins. Le service fonctionne de façon continue, y compris le dimanche et les jours fériés lorsque votre état le nécessite, et il coordonne si besoin l’intervention d’autres professionnels de santé.

Deux limites sont à connaître avant de s’organiser. D’abord, certains soins payés à l’acte, comme la kinésithérapie, ne sont pas compris dans le forfait du SSIAD : ils restent remboursés selon les règles habituelles. Ensuite, le SSIAD ne fait ni ménage, ni courses, ni repas. Pour l’aide au lever, aux repas ou aux courses, il faut un service d’aide à domicile, aujourd’hui un SAD, qui se paie autrement.

Obtenir un SSIAD : les étapes et les délais

  1. La prescription. Votre médecin juge si vos soins relèvent du domicile, les prescrit et fait en général lui-même la demande de prise en charge auprès de l’Assurance Maladie.
  2. La réponse de la caisse. Selon Service Public, la caisse dispose de 10 jours pour répondre. Sans réponse dans ce délai, la demande est considérée comme acceptée. En cas d’urgence, les soins peuvent commencer avant.
  3. Le choix du service. Vous trouverez les services de votre secteur dans l’annuaire du portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr, dans l’annuaire santé de l’Assurance Maladie ou auprès d’un point d’information local pour les personnes âgées.
  4. La visite d’évaluation. Une fois la demande acceptée par le service, un infirmier vient chez vous évaluer vos besoins et fixer avec vous le calendrier des passages.
  5. La liste d’attente, le cas échéant. Chaque SSIAD est autorisé pour un nombre limité de personnes. S’il n’a plus de place, vous êtes inscrit sur une liste d’attente.

En pratique, faites la démarche dès que le retour à domicile se prépare, avant la sortie de l’hôpital si possible. Et si le service est complet, demandez au médecin si des soins par un infirmier libéral ou un centre de santé infirmier peuvent prendre le relais en attendant.

SSIAD, infirmier libéral, aide à domicile, HAD : qui fait quoi, qui paie ?

Les solutions de soins et d’aide à domicile en 2026
SolutionCe qu’elle apporteQui paie
SSIAD ou volet soins d’un SAD mixteSoins infirmiers et d’hygiène sur prescription, par une équipe coordonnéeAssurance Maladie à 100 %, sans avance de frais ; places limitées
Infirmier libéral ou centre de santé infirmierSoins sur prescription, 7 jours sur 7 si nécessaireAssurance Maladie à 60 %, franchise de 1 € par acte (4 € par jour au plus) ; 100 % pour les soins liés à une ALD exonérante
Aide à domicile (SAD Aide, ex-SAAD)Aide aux activités du quotidien : lever, toilette, repas, coursesVous, avec l’APA ou la PCH, les aides des caisses de retraite et le crédit d’impôt
Hospitalisation à domicile (HAD)Soins médicaux et paramédicaux continus et coordonnés, plus lourdsPrise en charge au titre de l’hospitalisation, sans forfait hospitalier

Sources : portail pour les personnes âgées, tableau des taux de remboursement d’ameli.fr et Mon Parcours Handicap.

L’écart de prise en charge entre les deux premières lignes compte pour un budget de retraité. Chez un infirmier libéral, hors ALD, le ticket modérateur de 40 % reste à votre charge ou à celle de votre complémentaire santé. Et, ALD ou non, la franchise médicale de 1 € par acte s’ajoute, dans la limite de 4 € par jour et d’un plafond annuel de 50 € jusqu’au 30 septembre 2026, porté à 70 € à partir du 1er octobre 2026. Au SSIAD, rien de tout cela. Si c’est un infirmier libéral qui vous suit, notre fiche sur le bilan de soins infirmiers (BSI) explique comment s’organise sa prise en charge.

L’APA et le GIR : un autre dispositif, pour l’aide

Ne mélangez pas les deux. Le SSIAD dispense des soins, financés par l’Assurance Maladie. L’allocation personnalisée d’autonomie (APA), versée par le département, finance l’aide : rémunération d’une aide à domicile ou d’un accueillant familial, transport, livraison de repas, aides techniques, adaptation du logement, accueil temporaire. Elle est réservée aux personnes de 60 ans et plus classées en GIR 1 à 4, après une évaluation à domicile par l’équipe médico-sociale du département. Notre fiche sur la grille AGGIR et les GIR détaille ces six niveaux.

Montant maximum mensuel du plan d’aide APA à domicile en 2026
Niveau de perte d’autonomiePlafond du plan d’aide
GIR 12 080,33 € par mois
GIR 21 682,30 € par mois
GIR 31 215,99 € par mois
GIR 4811,52 € par mois

Ces montants sont des plafonds, pas une somme versée d’office : l’APA couvre le plan d’aide accepté, moins une participation qui dépend de vos revenus. Selon Service Public, elle est nulle jusqu’à 933,89 € de ressources mensuelles pour une personne seule, puis progresse de 0 % à 90 % du plan jusqu’à 3 439,31 €, et atteint 90 % au-delà. Le département doit se prononcer dans les deux mois suivant la réception du dossier complet.

Les deux dispositifs se complètent donc sans se remplacer. Par exemple, une personne en GIR 2 peut recevoir chaque matin un aide-soignant du SSIAD pour sa toilette, pris en charge par l’Assurance Maladie, et une aide à domicile l’après-midi, financée en partie par l’APA. Avec un SAD mixte, un seul service peut organiser les deux passages, mais les deux financements restent distincts.

Ce qui reste à payer, et comment s’y préparer

Les soins du SSIAD ne vous coûtent rien. Le reste à charge se loge ailleurs : la participation à l’APA, les heures d’aide qui dépassent le plan, le portage de repas, la téléassistance, l’adaptation du logement. L’aide à domicile ouvre droit au crédit d’impôt pour l’emploi à domicile, égal à 50 % des dépenses, mais les aides reçues, comme l’APA, doivent être déduites des sommes déclarées. Et si le maintien à domicile n’est plus possible, l’hébergement en établissement pose une tout autre question de budget.

C’est ce reste à charge qu’une assurance dépendance vise à couvrir, en versant une rente lorsque la dépendance est reconnue dans les conditions du contrat. Si vous y réfléchissez pour vous ou pour un parent, un conseiller d’Adallom Assurance peut comparer avec vous plusieurs contrats d’assurance dépendance : définition de la dépendance retenue, montant de la rente, délai de carence et franchise. Courtier immatriculé à l’ORIAS sous le n° 11061659, sans lien d’exclusivité avec un assureur, Adallom répond au 01 89 74 41 49, du lundi au jeudi de 9 h à 18 h et le vendredi de 9 h à 13 h.

Questions fréquentes

Le SSIAD est-il gratuit ?

Oui pour les soins : ils sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie et vous n’avancez aucun frais. Certains soins payés à l’acte, comme la kinésithérapie, restent hors forfait. Le ménage, les courses et les repas relèvent d’un service d’aide à domicile, payant, que l’APA peut financer en partie.

Qui peut prescrire un SSIAD ?

Un médecin : votre médecin traitant, ou un médecin hospitalier au moment d’une sortie d’hospitalisation. Il fait en général lui-même la demande de prise en charge. Selon Service Public, la caisse a 10 jours pour répondre et son silence vaut accord ; en cas d’urgence, les soins peuvent commencer plus tôt.

Faut-il être classé en GIR 1 à 4 pour avoir un SSIAD ?

Non. Le SSIAD s’adresse aux personnes de 60 ans et plus malades ou dépendantes, et aux moins de 60 ans handicapés ou atteints d’une pathologie chronique, sur prescription médicale. Le GIR compte pour l’APA, qui finance l’aide à domicile et non les soins.

Les SSIAD existent-ils encore en 2026 ?

Ils se transforment en services autonomie à domicile dits mixtes, qui réunissent l’aide et les soins. L’échéance pour se constituer en SAD était fixée au 31 décembre 2025. La loi du 8 avril 2024 a toutefois prévu une période transitoire de cinq ans pendant laquelle un SAD mixte peut fonctionner sans former une entité juridique unique. Un SSIAD dont la demande a été refusée peut fonctionner jusqu’à deux ans après ce refus. Les soins restent prescrits par un médecin et pris en charge par l’Assurance Maladie.

Pour aller plus loin

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