La téléassistance permet à une personne âgée ou fragile qui vit chez elle de donner l’alerte à tout moment, en appuyant sur un bouton porté en médaillon, en bracelet ou en montre. Un téléopérateur la rappelle aussitôt, puis prévient un proche ou déclenche les secours selon la situation, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7.
Une chute dans la salle de bains, un malaise en pleine nuit, un retour d’hospitalisation : la téléassistance répond à une crainte simple, celle de rester au sol sans pouvoir prévenir personne. Proposée par un département, elle peut coûter moins de 10 € par mois, et plusieurs aides en réduisent encore le prix. Voici comment elle fonctionne, ce qu’elle coûte vraiment et qui peut la financer.
Comment ça marche, concrètement ?
Le dispositif repose sur trois éléments : un boîtier installé au domicile, équipé d’un micro et d’un haut-parleur, un déclencheur que vous portez sur vous (médaillon, bracelet, montre), et une centrale d’écoute où se relaient des téléopérateurs. Lorsque vous appuyez sur le bouton, les choses se passent ainsi, d’après le portail officiel pour-les-personnes-agees.gouv.fr :
- un téléopérateur vous appelle immédiatement pour savoir ce qui se passe ;
- si la situation n’est ni urgente ni dangereuse, il contacte l’une des personnes que vous avez inscrites sur votre liste de personnes à prévenir ;
- si vous ne répondez pas, ou si la situation est urgente ou dangereuse, il déclenche immédiatement l’intervention des secours.
Ce fonctionnement a une conséquence pratique : la liste des personnes à prévenir doit être à jour, avec des proches réellement joignables et proches géographiquement. Un voisin qui détient un double des clés peut s’y trouver utilement, à condition qu’il ait donné son accord.
Les options : détection de chute, GPS, capteurs
Le bouton suppose d’être conscient et en état d’appuyer. Les options servent justement aux situations où ce n’est pas le cas :
- le détecteur de chute : des capteurs repèrent la chute et envoient automatiquement un signal à la plateforme. Dans la Somme, le bracelet détecteur de chute lourde, proposé sans surcoût aux personnes à risque, alerte la centrale après 40 secondes d’immobilité ;
- la téléassistance mobile : certains dispositifs équipés d’un GPS permettent d’alerter la plateforme hors du domicile et d’être géolocalisé si une intervention est nécessaire ;
- les capteurs dans le logement : détecteur de mouvements, boîtier étanche utilisable sous la douche, et chez certains prestataires, détecteurs de fumée, de monoxyde de carbone ou de gaz.
Un point de bon sens : un dispositif ne protège que s’il est porté. Si la personne ôte son bracelet pour se laver, choisissez un modèle étanche. Si elle sort seule faire ses courses, la version mobile se justifie davantage qu’un capteur de plus dans le salon.
Pour qui ?
La téléassistance s’adresse d’abord aux personnes âgées qui vivent chez elles, en particulier lorsqu’elles sont seules une partie de la journée. Le risque est réel : selon le plan antichute des personnes âgées lancé par le gouvernement en 2022, les chutes des personnes âgées entraînent chaque année en France plus de 100 000 hospitalisations et plus de 10 000 décès. Ce plan fait de « la téléassistance pour tous » l’un de ses axes et prévoit de favoriser l’accès au service en réduisant le reste à charge, avec les conseils départementaux. Notre guide pour prévenir la perte d’autonomie rassemble les autres réflexes utiles à la maison.
Elle s’adresse aussi aux personnes en situation de handicap : dans la Somme, le service départemental est ouvert aux habitants de 60 ans et plus comme aux personnes dont le handicap est reconnu par la commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées. Chaque service public fixe ainsi ses propres conditions d’accès. Le classement dans la grille AGGIR, lui, compte surtout pour obtenir l’APA, qui peut financer l’abonnement.
Combien coûte la téléassistance ?
Le service est proposé par des associations, des sociétés privées et certaines communes ou certains départements. Le portail officiel le rappelle sans avancer de chiffre : le coût de l’abonnement diffère d’un prestataire à l’autre. Les départements qui gèrent leur propre service publient en revanche leurs tarifs. Deux exemples vérifiés :
| Département | Abonnement de base | Ce qui est compris ou en option |
|---|---|---|
| Somme | 8 € par mois depuis le 1er juillet 2026 | Matériel, installation, service et maintenance compris ; premier mois offert ; gratuit pour certains bénéficiaires de l’APA ou de l’aide ménagère départementale |
| Pas-de-Calais | 7,07 € TTC par mois au 1er septembre 2026 | Installation et maintenance comprises ; options par mois pour une personne seule : détecteur de chutes 2,23 €, téléassistance mobile avec géolocalisation 8,05 €, détecteur de fumée 3,10 € |
Sources : sites du conseil départemental de la Somme et du conseil départemental du Pas-de-Calais. Ces tarifs publics ne valent que pour les habitants de ces départements. Ailleurs, renseignez-vous auprès de votre mairie ou de votre département, et comparez avec les offres privées, qui fixent librement leurs prix.
Prenons un cas chiffré, à partir du tarif du Pas-de-Calais. Une personne seule s’abonne au service de base avec un détecteur de chutes : 7,07 € + 2,23 € = 9,30 € par mois, soit 111,60 € sur l’année. Le département indique que ce service ouvre droit à un avantage fiscal de 50 % de la somme payée sur l’année, soit 55,80 €. Le coût réel tombe à 55,80 € par an, 4,65 € par mois.
Les aides pour la financer
Selon la page du portail officiel consacrée aux aides financières pour la téléassistance, quatre pistes existent, parfois cumulables sur des dépenses différentes.
L’APA à domicile
Si vous avez 60 ans ou plus et que vous êtes classé en GIR 1 à 4, l’allocation personnalisée d’autonomie finance un plan d’aide établi par l’équipe médico-sociale du département, et les dépenses de téléassistance peuvent y être inscrites. Une participation reste à votre charge selon vos revenus. Certains départements vont plus loin : prise en charge partielle, sous conditions de ressources, dans le Pas-de-Calais, gratuité pour certains bénéficiaires dans la Somme. Notre fiche sur la grille AGGIR explique comment se fait le classement.
Les caisses de retraite
Les caisses de retraite peuvent proposer des aides après une hospitalisation. L’Assurance retraite, par exemple, présente un accompagnement à domicile après hospitalisation qui peut comprendre l’installation d’une téléalarme. Il dure 3 mois au plus, n’est pas renouvelable et dépend de vos ressources. Renseignez-vous avant la sortie : en Rhône-Alpes par exemple, la Carsat le réserve aux retraités de 55 ans et plus classés en GIR 5 ou 6 qui ne perçoivent pas l’APA. Le dossier se prépare avec le service social de l’établissement de santé et se dépose auprès de la Carsat, au plus tard 15 jours après la sortie.
Les mairies
Sous certaines conditions, les mairies participent aux frais d’installation ou aux frais d’abonnement. Les règles varient d’une commune à l’autre : l’accueil de votre mairie vous dira ce qui existe chez vous.
Le crédit d’impôt pour les services à la personne
La téléassistance et la visio-assistance ouvrent droit au crédit d’impôt pour les services à la personne, « si elles permettent le maintien à domicile d’une personne fragile », précise la fiche Service Public sur le crédit d’impôt. Il est égal à 50 % des dépenses, dans la limite de 12 000 € de dépenses par an, plafond majoré de 1 500 € par membre du foyer âgé de plus de 65 ans, sans dépasser 15 000 €. Le plafond monte à 20 000 € pour une personne invalide qui a besoin d’une aide pour les actes de la vie courante. La loi de finances pour 2026 n’a modifié ni le taux ni le plafond.
Deux précisions comptent pour un retraité. Les aides reçues, comme l’APA, doivent être déduites des dépenses déclarées. Et le crédit d’impôt vous est versé même si vous n’êtes pas imposable. Conservez les factures de l’organisme : elles servent de justificatif.
Avant de signer : ce qu’il faut vérifier
- Le coût complet : abonnement mensuel, frais d’installation, location ou achat du matériel, prix de chaque option.
- La durée d’engagement et les conditions de résiliation, notamment en cas d’entrée en établissement ou de décès.
- Le déroulé d’une alerte : qui rappelle, dans quel délai, qui se déplace si aucun proche n’est joignable.
- L’accès au logement : certains services proposent une boîte à clés, facturée 61,88 € à l’achat et à l’installation dans le Pas-de-Calais, pour faciliter l’accès au logement en cas d’alerte.
- Le périmètre : le déclencheur fonctionne-t-il dans tout le logement, au jardin, sous la douche ?
Téléassistance et assurance dépendance
Une assurance dépendance verse d’abord une rente, mais les contrats comprennent aussi des services. La fiche pratique de la DGCCRF cite un service d’assistance destiné à orienter l’assuré dépendant et à mettre en place des services d’aide à domicile. Les contrats qui portent le label GAD de France Assureurs prévoient des actions de prévention dès la souscription et des services d’assistance dès que la dépendance lourde est reconnue.
Selon les contrats, ces services peuvent inclure l’organisation d’une téléassistance. Ne le supposez pas : lisez la notice d’information, rubrique assistance, et vérifiez à partir de quel niveau de dépendance chaque service se déclenche. Notre fiche sur la garantie dépendance détaille le reste du contrat.
Si vous organisez le maintien à domicile d’un parent, ou le vôtre, regardez ces services avec autant d’attention que le montant de la rente. Demandez à un conseiller d’Adallom Assurance d’en tenir compte dans la comparaison de contrats d’assurance dépendance : le devis se fait en ligne en 2 minutes ou par téléphone au 01 89 74 41 49. En complément, notre fiche sur le SSIAD explique comment obtenir des soins infirmiers à domicile.
Questions fréquentes
Combien coûte une téléassistance pour une personne âgée ?
Le prix varie selon le prestataire et les options choisies. Certains services départementaux affichent des tarifs bas : 8 € par mois dans la Somme depuis juillet 2026, 7,07 € par mois dans le Pas-de-Calais pour l’abonnement de base. Le crédit d’impôt de 50 % pour les services à la personne peut ensuite réduire la facture de moitié.
La téléassistance est-elle prise en charge par l’APA ?
Oui, elle peut l’être. Si vous avez 60 ans ou plus et que vous êtes classé en GIR 1 à 4, les dépenses de téléassistance peuvent être inscrites dans votre plan d’aide APA. Une participation dépendant de vos revenus reste à votre charge, et certains départements prennent en charge tout ou partie de l’abonnement.
Peut-on bénéficier du crédit d’impôt pour la téléassistance ?
Oui, lorsque la téléassistance permet le maintien à domicile d’une personne fragile. Le crédit est égal à 50 % des dépenses, après déduction des aides reçues comme l’APA. Il est versé même si vous n’êtes pas imposable.
La téléassistance fonctionne-t-elle en dehors du domicile ?
Oui, avec un dispositif mobile équipé d’un GPS. Il permet d’alerter la plateforme hors de chez vous et d’être géolocalisé si une intervention est nécessaire. Dans le Pas-de-Calais, cette option coûte 8,05 € par mois pour une personne seule.
