L’hospitalisation à domicile (HAD) est une hospitalisation à part entière, organisée chez vous par un établissement de santé. Sur prescription médicale, une équipe coordonnée y assure des soins médicaux et paramédicaux importants, avec une continuité des soins 24 heures sur 24. L’Assurance Maladie la prend en charge comme une hospitalisation, sans forfait journalier.
Une perfusion qui doit continuer après la sortie de l’hôpital, des pansements complexes, des soins palliatifs dans sa propre chambre : l’HAD permet de recevoir chez soi des soins qui, sans elle, se feraient dans un service hospitalier. Encore faut-il savoir qui la prescrit, ce qu’elle suppose à la maison, en quoi elle diffère d’un passage d’infirmier et ce qui reste à payer.
Un établissement de santé qui vient chez vous
L’HAD n’est pas un simple service de soins à domicile. « L’HAD est un établissement de santé au même titre qu’un hôpital conventionnel », indique Service Public, et ses établissements doivent en respecter toutes les obligations en matière de sécurité et de qualité des soins. L’agence régionale de santé de Bourgogne-Franche-Comté y voit « une modalité d’hospitalisation à part entière ». Elle cite parmi ces obligations la continuité des soins et la lutte contre les infections nosocomiales, et rappelle que ces établissements sont certifiés par la Haute Autorité de santé. Ce qui distingue ses soins de ceux qu’on reçoit habituellement chez soi, c’est « la complexité et la fréquence des actes ». Elle sert à éviter, différer ou raccourcir un séjour à l’hôpital.
Le service d’HAD assure « 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24, la continuité de soins équivalents à ceux dispensés à l’hôpital », indique ameli.fr. Deux médecins y tiennent des rôles différents. Le médecin coordonnateur de l’HAD « joue un rôle central » : il fait le lien avec les médecins hospitaliers et libéraux et organise la coordination des soins. Votre médecin traitant reste responsable de votre prise en charge et vient vous voir de façon périodique. Autour d’eux, l’HAD peut faire intervenir des professionnels salariés ou libéraux : infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, aides-soignants, psychologues, travailleurs sociaux, énumère le portail pour-les-personnes-agees.gouv.fr.
Le mot « domicile » s’entend largement. Pour Service Public, c’est le lieu de vie : votre maison ou votre appartement, mais aussi l’Ehpad dans lequel vous résidez, ou un autre hébergement collectif comme une maison d’accueil spécialisée. Une seule condition géographique : habiter une zone couverte par une structure d’HAD, sachant que « la quasi totalité du territoire national dispose désormais d’un établissement autorisé en HAD ».
Quels soins, pour quels patients ?
L’HAD concerne des malades de tous âges, enfants et adolescents compris, et de toutes populations, par exemple des personnes âgées, handicapées ou en situation de précarité sociale. La fiche de Service Public consacrée à l’HAD cite les soins suivants :
- pansements complexes ;
- certaines chimiothérapies et traitements intraveineux ;
- nursing lourd ;
- transfusions sanguines ;
- assistance respiratoire ;
- soins de réadaptation ;
- soins pédiatriques, soins avant ou après l’accouchement ;
- soins palliatifs.
Le besoin de soins ne suffit pas. Service Public pose cinq conditions : votre situation médicale est compatible avec l’HAD, les soins ne peuvent pas être réalisés directement par des professionnels de santé en ville, ils peuvent être donnés chez vous, vous et/ou votre famille êtes d’accord, et votre logement le permet. C’est la deuxième qui fait le tri : si un infirmier libéral peut assurer seul vos soins, l’HAD n’est pas la bonne porte d’entrée.
HAD, SSIAD, infirmier libéral : ne pas se tromper de dispositif
Les trois interviennent chez vous, mais pas pour les mêmes soins ni avec la même prise en charge.
| Dispositif | Ce qu’il apporte | Prise en charge par l’Assurance Maladie |
|---|---|---|
| Hospitalisation à domicile (HAD) | Soins médicaux et paramédicaux complexes et coordonnés, par un établissement de santé, avec une continuité 24 h/24 | 80 % comme toute hospitalisation (90 % en Alsace-Moselle), 100 % en ALD ; pas de forfait journalier |
| Service de soins infirmiers à domicile (SSIAD) | Soins infirmiers et d’hygiène, surtout pour les personnes âgées malades ou dépendantes | 100 %, sans avance de frais |
| Infirmier libéral | Soins infirmiers, facturés acte par acte | 60 %, franchise de 1 € par acte (4 € par jour au plus) ; 100 % de la base pour les soins liés à une ALD exonérante |
Sources : Service Public pour l’HAD, Service Public pour le SSIAD, tableau des taux d’ameli.fr pour les auxiliaires médicaux. Le plafond annuel des franchises passe de 50 € à 70 € le 1er octobre 2026 (décret n° 2026-858).
Ces dispositifs ne s’excluent pas : « l’intervention conjointe de l’HAD et d’un SSIAD (service de soins infirmiers à domicile) est possible », précise le portail pour les personnes âgées. Notre fiche sur le SSIAD explique comment l’obtenir, ce qu’il ne fait pas et sa transformation en service autonomie à domicile : selon Service Public, les SSIAD avaient jusqu’à fin 2025 pour devenir de tels services, qui ajoutent une activité d’aide aux soins.
De la prescription à l’installation du matériel
- La demande. L’HAD peut être demandée par votre médecin traitant ou par un médecin hospitalier, par exemple après une consultation à l’hôpital ou à la suite d’un séjour. Quand l’initiative vient de l’hôpital, l’accord de votre médecin traitant « est toujours sollicité », précise Service Public, car c’est lui qui planifie le projet de soins avec l’équipe de l’établissement.
- L’évaluation chez vous. Avant toute admission, l’équipe soignante de l’établissement se rend à votre domicile pour vérifier que vous remplissez les conditions et fixer les conditions matérielles du projet de soins.
- Votre accord et celui de vos proches. L’admission « suppose votre consentement et celui de votre entourage au principe de l’HAD », indique ameli.fr. Personne ne peut vous l’imposer.
- L’admission. Elle est prononcée par le responsable de l’HAD sur la base d’un projet thérapeutique, c’est-à-dire un programme de soins et d’accompagnement individualisé, après avis favorable du médecin coordonnateur.
- L’installation. Le matériel et les fournitures sont livrés par l’établissement ou par un prestataire auquel il fait appel. Il faut parfois réaménager provisoirement une pièce, par exemple pour installer un lit médicalisé.
Le séjour en HAD est à durée déterminée, mais cette durée est révisable selon la nature des soins et l’évolution de votre état. Dans la majorité des cas, vous restez chez vous à la fin de l’HAD. Si vous avez encore besoin de soins, mais plus de soins hospitaliers, l’établissement d’HAD organise le relais avec les professionnels ou les structures compétents. Si votre état s’aggrave et qu’un séjour à l’hôpital devient nécessaire, c’est l’équipe d’HAD qui organise le transfert, avec l’établissement qui vous accueille.
Combien coûte une HAD pour le patient ?
Pour l’Assurance Maladie, l’HAD reste une hospitalisation. Selon Service Public, elle est prise en charge « à 80 % par l’Assurance maladie comme toute hospitalisation », à 90 % pour les assurés du régime local d’Alsace-Moselle et à 100 % en cas d’affection de longue durée. Service Public ajoute que les titulaires de certaines pensions peuvent aussi être pris en charge à 100 % : pour une hospitalisation, ameli.fr vise notamment la pension d’invalidité et la pension de vieillesse qui a remplacé une pension d’invalidité. ameli.fr précise aussi que les modalités de prise en charge sont identiques à celles d’une hospitalisation en établissement, avec une exception : le forfait journalier, « qui représente les frais d’hébergement ».
| Situation | Prise en charge de l’HAD | Forfait journalier en HAD | Forfait journalier à l’hôpital ou en clinique |
|---|---|---|---|
| Cas général | 80 % | Non dû | 23 € par jour, jour de sortie compris |
| Régime local d’Alsace-Moselle | 90 % | Non dû | Non dû |
| Adulte en affection de longue durée | 100 % | Non dû | Dû, même si les soins liés à l’ALD sont pris en charge à 100 % |
Sources : Service Public, page d’ameli.fr sur le forfait hospitalier (mise à jour du 2 mars 2026), qui range l’hospitalisation à domicile et le régime d’Alsace-Moselle parmi les cas où il n’est pas dû, et page d’ameli.fr sur l’ALD, qui laisse le forfait hospitalier à la charge des adultes. Le détail des exonérations figure dans notre fiche sur le forfait journalier hospitalier.
Autre point pratique : vous n’avancez pas les frais. Service Public liste la dispense d’avance de frais pour les honoraires des médecins consultés dans le cadre de l’HAD, les médicaments, les actes de biologie, les honoraires des professionnels paramédicaux libéraux conventionnés, le transport en ambulance commandé par l’HAD, l’hôpital de jour, le matériel médical, le mobilier spécifique (lit médicalisé, fauteuil de repos) et le matériel à usage unique.
Exemple : trois semaines de soins, à l’hôpital ou chez soi
Prenons un adulte en ALD exonérante, dont les soins liés à la maladie sont pris en charge à 100 %. S’il passe 21 journées à l’hôpital, jour de sortie compris, il doit 21 × 23 €, soit 483 € de forfait journalier, que l’Assurance Maladie ne rembourse pas. Si les mêmes soins sont assurés en HAD, il ne doit aucun forfait journalier. Avec un contrat responsable, qui rembourse le forfait journalier à 100 % sans limitation de durée selon Service Public, l’écart disparaît. Sans complémentaire santé, il représente ces 483 €.
Ce que votre mutuelle peut couvrir
« Votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie du reste », résume Service Public. Selon le portail pour les personnes âgées, l’HAD est prise en charge « par l’assurance maladie et les mutuelles dans les mêmes conditions qu’une hospitalisation en établissement », forfait hospitalier mis à part. C’est donc la ligne « hospitalisation » de votre contrat qui compte, notamment pour le ticket modérateur de 20 % si vous n’êtes pas exonéré.
Deux vérifications méritent un appel à votre assureur. Certains contrats versent une indemnité pour chaque journée d’hospitalisation : demandez si les journées d’HAD sont comptées comme telles, ce que notre guide sur l’indemnité par jour d’hospitalisation aide à comprendre. D’autres prévoient une aide à domicile après une hospitalisation, sous conditions : vérifiez dans vos conditions générales si un séjour en HAD y donne droit.
Si l’HAD d’un parent vous amène à regarder sa couverture de près, un conseiller d’Adallom Assurance peut comparer avec vous plusieurs offres de complémentaire santé, en commençant par les garanties hospitalisation. Courtier sans lien d’exclusivité avec un assureur, immatriculé à l’ORIAS sous le n° 11061659, Adallom inclut dans toutes ses formules un accompagnement par téléphone, e-mail ou tchat, sans surcoût.
Et pour les proches qui travaillent ?
L’HAD suppose l’accord de l’entourage. Si vous êtes salarié et que vous accompagnez la personne soignée, deux congés peuvent vous concerner. Le congé de solidarité familiale permet de s’absenter pour s’occuper d’un proche en fin de vie, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable : 3 mois au maximum en l’absence de dispositions conventionnelles, renouvelables une fois (Service Public). Le congé de proche aidant permet, sous conditions, de cesser temporairement son activité pour s’occuper d’une personne handicapée, invalide, en perte d’autonomie ou âgée. Il peut être indemnisé par l’allocation journalière du proche aidant : 66,64 € par journée ou 33,32 € par demi-journée, dans la limite de 22 jours par mois (Service Public).
Questions fréquentes
L’hospitalisation à domicile est-elle gratuite ?
Pas toujours. L’Assurance Maladie la prend en charge à 80 % comme toute hospitalisation, à 90 % en Alsace-Moselle et à 100 %, notamment en cas d’affection de longue durée. Le forfait journalier n’est pas dû et vous n’avancez pas les frais listés par Service Public, comme les médicaments, le matériel ou les soins des infirmiers libéraux conventionnés. Votre mutuelle peut prendre en charge tout ou partie du reste.
Qui peut demander une HAD ?
Votre médecin traitant ou un médecin hospitalier, par exemple à la suite d’un séjour à l’hôpital. Si la demande vient de l’hôpital, l’accord de votre médecin traitant est toujours sollicité. L’équipe de l’HAD évalue ensuite votre situation à domicile, et l’admission suppose votre consentement et celui de votre entourage.
Peut-on bénéficier d’une HAD en Ehpad ?
Oui. Pour l’HAD, le domicile est le lieu de vie, ce qui inclut l’Ehpad où vous résidez et d’autres hébergements collectifs comme une maison d’accueil spécialisée. Les structures d’HAD sont autorisées à intervenir dans les établissements sociaux et médico-sociaux.
Quelle différence entre l’HAD et le SSIAD ?
L’HAD est une hospitalisation assurée par un établissement de santé, pour des soins complexes et coordonnés, avec une continuité 24 heures sur 24. Le SSIAD délivre des soins infirmiers et d’hygiène, surtout aux personnes âgées malades ou dépendantes, pris en charge à 100 %. Les deux peuvent intervenir en même temps.
Combien de temps dure une HAD ?
Le séjour est à durée déterminée, mais cette durée est révisable selon la nature des soins et l’évolution de votre état de santé. Dans la majorité des cas, vous restez chez vous à la fin de l’HAD. Si votre état s’aggrave, l’équipe d’HAD organise votre transfert à l’hôpital.
