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Homéopathie (remboursement)

Homéopathie (remboursement)

Depuis le 1er janvier 2021, les médicaments homéopathiques ne sont plus remboursés par l’Assurance maladie ; seule une complémentaire santé peut les couvrir.

Le remboursement de l’homéopathie par l’Assurance maladie a pris fin le 1er janvier 2021 : après une année à 15 % au lieu de 30 %, les médicaments homéopathiques ne sont plus pris en charge. La consultation du médecin qui les prescrit reste remboursée. Pour les médicaments eux-mêmes, seule une complémentaire santé peut encore intervenir, si votre contrat le prévoit.

Le déremboursement n’a pas retiré ces produits des pharmacies : ils restent soumis à une autorisation de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) et se vendent à prix libre. Ce qui a changé, c’est la personne qui paie. Encore faut-il savoir où chercher, dans un contrat, la garantie qui couvre ces achats.

De 30 % à zéro : les étapes du déremboursement

Le ministère des Solidarités et de la Santé a demandé à la Haute Autorité de santé (HAS) si ces médicaments devaient rester remboursés. La HAS a relevé qu’ils « n’ont pas été évalués scientifiquement avant d’être inscrits au remboursement il y a plusieurs décennies ». Sa commission de la transparence a examiné près de 1 200 médicaments, analysé plus de 1 000 publications scientifiques et trouvé des données pour 24 affections et symptômes. Son avis, défavorable au maintien du remboursement, a été adopté à la majorité le 26 juin 2019 (communiqué de la HAS).

Le calendrier du déremboursement de l’homéopathie
DateCe qui s’est passé
26 juin 2019Avis défavorable de la commission de la transparence de la HAS au maintien du remboursement
1er janvier 2020Le taux de remboursement des médicaments homéopathiques passe de 30 % à 15 %
18 décembre 2020Le Conseil d’État rejette les recours des laboratoires Boiron et Homéopathie Rocal contre les décrets et arrêtés organisant le déremboursement
1er janvier 2021Les médicaments homéopathiques ne sont plus pris en charge par l’Assurance maladie
2026Les médicaments homéopathiques et les préparations magistrales homéopathiques ne sont toujours pas remboursés

Sources : HAS, info.gouv.fr, décision du Conseil d’État n° 435407 et Service Public, remboursement des médicaments (page vérifiée le 13 mars 2026).

Les laboratoires Boiron et Homéopathie Rocal avaient attaqué les textes du déremboursement, notamment les décrets n° 2019-904 et n° 2019-905 du 30 août 2019 et deux arrêtés du 4 octobre 2019. Le Conseil d’État a rejeté leurs requêtes le 18 décembre 2020, deux semaines avant l’arrêt complet de la prise en charge.

Le gouvernement a résumé le principe retenu : « la solidarité nationale ne doit financer que des médicaments dont l’efficacité a été démontrée ». Les sommes en jeu étaient modestes à l’échelle du système. Sur l’année qui a précédé la décision, selon l’Assurance maladie citée par le gouvernement, le remboursement de l’homéopathie avait représenté 126,8 millions d’euros sur environ 20 milliards consacrés aux médicaments remboursés, et moins de 10 % de la population en avait bénéficié, pour un montant moyen de moins de 2 euros par mois.

La HAS a accompagné son avis d’une mise en garde : « le recours à l’homéopathie ne doit pas retarder la prescription des soins nécessaires à la prise en charge des patients ».

Ce qui reste remboursé

Service Public le confirme : « les médicaments homéopathiques et les préparations magistrales homéopathiques (PMH) ne sont plus remboursés par l’Assurance maladie ». La consultation, elle, n’est pas concernée : un médecin qui prescrit de l’homéopathie facture une consultation médicale, remboursée comme les autres selon son secteur. Pour un généraliste de secteur 1 consulté dans le parcours de soins, la consultation de 30 € est remboursée 19 €, participation forfaitaire de 2 € déduite. Chez un généraliste de secteur 2 qui n’adhère pas à l’Optam, la base tombe à 23 € et le remboursement à 14,10 €, quel que soit le prix facturé (tarifs ameli.fr 2026).

Les autres médicaments de la même ordonnance restent remboursés à leur taux habituel, qui dépend du service médical rendu : 100 %, 65 %, 30 % ou 15 %. Notre fiche sur le taux de remboursement de la Sécurité sociale détaille ces taux. Côté complémentaire, un contrat responsable doit rembourser le ticket modérateur des honoraires médicaux, soit 9 € pour une consultation à 30 €.

En pharmacie : une autorisation de l’ANSM et un prix libre

Un médicament homéopathique ne peut pas être commercialisé sans une autorisation de l’ANSM, « garante de leur qualité, de leur innocuité (sécurité) et de la reconnaissance de leur usage homéopathique (usage traditionnel) ». Deux procédures existent. L’enregistrement concerne les médicaments administrés par voie orale ou externe, sans indication thérapeutique particulière sur l’étiquetage et avec un degré de dilution garantissant l’innocuité : c’est ce qui explique que leur boîte ne mentionne aucune maladie à traiter. L’autorisation de mise sur le marché vise ceux pour lesquels une indication, une posologie et une durée de traitement sont revendiquées. L’ANSM indique en outre réévaluer les médicaments homéopathiques autorisés avant le 18 janvier 1994, soit 1 163 souches.

Comme tous les médicaments non remboursables, ils sont vendus à prix libre. « Le prix des médicaments non remboursables quant à lui est libre », confirme la DGCCRF, qui exige en revanche que les prix des médicaments exposés à la vue du public soient « visibles et lisibles ». Le prix d’un même produit peut donc varier d’une officine à l’autre. Pensez au justificatif : hors préparations réalisées à votre demande, il n’est pas remis systématiquement, mais vous pouvez l’obtenir sur demande, ce qui est utile si votre complémentaire rembourse ces achats.

Ce que votre complémentaire peut encore rembourser

Les obligations du contrat responsable portent sur des soins remboursés par l’Assurance maladie ou sur des frais qui y sont liés, comme le ticket modérateur des consultations ou le forfait journalier hospitalier (Service Public). Un médicament homéopathique n’étant plus remboursé, aucune de ces obligations ne le concerne : sa prise en charge dépend uniquement des garanties facultatives de votre contrat.

Certains contrats prévoient une ligne pour les médicaments prescrits mais non remboursés, d’autres un forfait « médecines douces » ou « pratiques alternatives ». Les deux n’ont pas le même objet : un forfait de médecines douces peut ne couvrir que des séances chez des praticiens, par exemple en ostéopathie, et exclure les médicaments. Tout se lit dans votre tableau de garanties et dans la notice qui l’accompagne.

Exemple chiffré : une consultation et 60 € d’homéopathie

Prenons une personne qui consulte une fois un généraliste de secteur 1 à 30 € et achète dans l’année pour 60 € de médicaments homéopathiques prescrits (montants choisis pour l’exemple). Les trois contrats comparés sont responsables : tous remboursent le ticket modérateur de la consultation, mais pas l’homéopathie de la même façon.

Une consultation à 30 € et 60 € d’homéopathie dans l’année : trois contrats comparés (exemple)
PosteContrat A : aucune garantie pour ces médicamentsContrat B : forfait « médicaments prescrits non remboursés » de 40 € par anContrat C : forfait « médecines douces » limité aux séances
Consultation : versé par l’Assurance maladie19 €19 €19 €
Consultation : versé par la complémentaire9 €9 €9 €
Homéopathie : versé par la complémentaire0 €40 €0 €
Reste à payer sur l’année62 €22 €62 €

Le contrat C montre qu’un forfait de médecines douces, même généreux, ne sert à rien ici s’il ne vise que des séances. Les 2 € qui restent dans tous les cas correspondent à la participation forfaitaire, qu’un contrat responsable ne rembourse pas.

Quatre points à vérifier dans votre contrat

  1. L’intitulé de la ligne. « Homéopathie », « médicaments non remboursés », « pharmacie prescrite non remboursée », « médecines douces » : seul le libellé exact dit ce qui est couvert.
  2. L’exigence d’une prescription. Certains contrats ne remboursent que des médicaments prescrits sur ordonnance : gardez-la avec vos justificatifs.
  3. Le justificatif d’achat. Ticket ou facture de la pharmacie, à demander au moment du paiement.
  4. Le plafond et sa période. Montant par an ou par bénéficiaire, parfois commun à plusieurs prestations : un forfait déjà entamé peut ne plus rien rembourser en fin d’année.

Pour un panorama des garanties voisines, lisez notre guide sur la prise en charge des médecines douces par les mutuelles.

Comparer cette ligne avec un courtier

Si l’homéopathie fait partie de vos habitudes, c’est une ligne à regarder de près au moment de comparer des contrats, sans perdre de vue l’hospitalisation, l’optique et le dentaire. Adallom Assurance, courtier immatriculé à l’ORIAS depuis 2011 (n° 11061659), compare avec vous les garanties de plusieurs complémentaires santé, y compris leurs forfaits pour les médicaments non remboursés.

Questions fréquentes

L’homéopathie est-elle encore remboursée par la Sécurité sociale ?

Non. Depuis le 1er janvier 2021, les médicaments homéopathiques ne sont plus pris en charge par l’Assurance maladie, après une année 2020 à 15 % au lieu de 30 %. Les préparations magistrales homéopathiques ne sont plus remboursées non plus. Seule une complémentaire santé peut encore rembourser ces achats, si le contrat le prévoit.

La consultation d’un médecin qui prescrit de l’homéopathie est-elle remboursée ?

Oui, comme toute consultation médicale : dans le parcours de soins, 70 % de la base de remboursement, dont l’Assurance maladie déduit la participation forfaitaire de 2 €. Pour un généraliste de secteur 1 à 30 €, elle verse 19 €. Si le généraliste est en secteur 2 sans adhérer à l’Optam, la base est de 23 € et le remboursement de 14,10 €.

Pourquoi l’homéopathie a-t-elle été déremboursée ?

À la demande du ministère chargé de la santé, la Haute Autorité de santé a évalué près de 1 200 médicaments homéopathiques et conclu, le 26 juin 2019, à une efficacité insuffisante pour justifier leur remboursement. Le gouvernement a suivi cet avis, au nom du principe que la solidarité nationale ne doit financer que des médicaments dont l’efficacité a été démontrée.

Le prix des médicaments homéopathiques est-il réglementé ?

Non. Comme tous les médicaments non remboursables, ils sont vendus à prix libre, qui peut varier d’une pharmacie à l’autre. Les prix des produits exposés à la vue du public doivent être visibles et lisibles, et vous pouvez demander un justificatif de paiement, utile si votre complémentaire santé rembourse ces achats.

Une mutuelle peut-elle rembourser l’homéopathie ?

Oui, si votre contrat le prévoit, par exemple avec un forfait pour les médicaments prescrits non remboursés. Ce n’est pas une obligation du contrat responsable. Vérifiez le libellé exact de la ligne, l’exigence éventuelle d’une ordonnance, le justificatif demandé et le plafond annuel.

Pour aller plus loin

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