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Kinésiologie (remboursement)

Kinésiologie (remboursement)

La kinésiologie est une pratique de soins non conventionnelle, non remboursée par l’Assurance maladie ; certaines mutuelles prévoient un forfait.

La kinésiologie est une pratique de soins non conventionnelle fondée sur un « test musculaire » manuel ; la DGCCRF la décrit comme une « technique de rééquilibrage corporel ». Les kinésiologues ne sont pas des professionnels de santé et l’Assurance maladie ne rembourse pas leurs séances. Certaines mutuelles prévoient un forfait, dont les conditions varient d’un contrat à l’autre.

Le mot ressemble à « kinésithérapie », mais les deux n’ont rien en commun : ni le statut, ni la formation, ni le remboursement. Avant de parler de remboursement, il faut donc poser le statut de chacun : c’est lui qui explique pourquoi l’Assurance maladie rembourse l’un et pas l’autre.

Kinésiologue ou kinésithérapeute : ne pas confondre

Le masseur-kinésithérapeute est un auxiliaire médical : l’Assurance maladie le range avec les infirmières, les orthophonistes, les orthoptistes et les pédicures-podologues, et rembourse ses séances à 60 %. Sa déontologie relève du Code de la santé publique, dont l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes cite notamment les articles R4321-123 à R4321-125. Le kinésiologue n’a pas ce statut. Le rapport d’évaluation publié par l’Inserm en 2017 l’écrit sans détour : « Les kinésiologues ne sont pas au nombre des professionnels de santé régis par le code de la santé publique. »

Kinésithérapeute et kinésiologue : deux statuts différents
CritèreMasseur-kinésithérapeuteKinésiologue
StatutAuxiliaire médical, profession de santé soumise au Code de la santé publiquePas une profession de santé ; aucun décret ne réglemente l’activité
EncadrementOrdre professionnel et règles de déontologie inscrites dans le Code de la santé publiquePas de titre professionnel : l’usage du mot « kinésiologue » n’est soumis à aucune condition ; formation « pas reconnue par l’État »
Assurance maladie60 % : 9,95 € pris en charge pour une séance à 16,58 €, franchise de 1 € retenueAucun remboursement
Complémentaire santéTicket modérateur, selon le contratForfait éventuel, selon le contrat

Sources : tableau récapitulatif des taux d’ameli.fr (mise à jour du 19 janvier 2026), Ordre des masseurs-kinésithérapeutes et rapport de l’Inserm de 2017 (pages 14 et 15).

L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes va plus loin. Il rappelle qu’« il n’y a aucun point commun entre la kinésiologie au sens français du terme [...] et la kinésithérapie », et considère que l’usage des termes « kinésiologue » ou « kinésiologie » par un kinésithérapeute constitue une faute disciplinaire. Pour les séances de rééducation remboursées, notre fiche kiné et notre guide sur la kinésithérapie après 60 ans détaillent les règles de prescription et de remboursement.

Ce qu’a conclu l’Inserm

En 2017, à la demande du ministère de la Santé, l’Inserm a évalué deux familles de pratiques. La kinésiologie appliquée professionnelle est, au niveau international, réservée à des professionnels de santé ayant suivi une formation complémentaire. Les kinésiologies dites énergétiques sont proposées par des praticiens qui se nomment kinésiologues ; le répertoire des métiers utilisé par le service public de l’emploi, le code ROME, classe cette activité dans la catégorie « Développement personnel et Bien-être ».

La conclusion porte sur les deux : « Ni la kinésiologie appliquée professionnelle ni la kinésiologie énergétique n’ont fait à ce jour la preuve de leur efficacité. » L’Inserm relève aussi qu’« il existe très peu de données concernant la sécurité de ces pratiques » et que « des risques potentiels ont été soulignés, liés notamment au positionnement du praticien, et au risque de mise sous emprise ». Le rapport cite enfin le Syndicat national des kinésiologues, selon lequel les kinésiologues « ne sont pas des thérapeutes et ne posent aucun diagnostic médical ».

L’Inserm distingue toutefois les deux familles. Pour la kinésiologie appliquée, le risque d’emprise « est partiellement circonscrit », car elle est « réservée aux professionnels de santé, qui exercent dans les cadres définis par leurs professions ». La kinésiologie énergétique a, elle, « fait l’objet de plusieurs controverses », internes à la discipline ou externes, avec des suspicions de dérives. Le rapport juge donc pertinente « une réflexion générale autour de la mise en place d’un système de surveillance, ainsi que sur les moyens de prévention des risques de dérive ».

Pourquoi la Sécurité sociale ne rembourse pas

Le kinésiologue n’étant pas un professionnel de santé, ses séances ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie, quel que soit le motif de la consultation. L’Inserm note que même la kinésiologie appliquée professionnelle « n’est pas remboursée par l’Assurance-maladie ». La DGCCRF le rappelle pour l’ensemble des pratiques de soins non conventionnelles, dont elle cite la kinésiologie : elles « ne sont pas remboursées par la Sécurité Sociale, mais peuvent être prises en charge par certaines mutuelles ». Elle range d’ailleurs parmi les signaux qui « doivent alerter » toute allégation suggérant que les actes proposés seraient pris en charge par l’assurance maladie. Si l’on vous annonce le contraire, demandez sur quelle base.

Ce qui reste remboursé, en revanche, ce sont les soins des professionnels de santé que vous consultez par ailleurs : médecin, kinésithérapeute, infirmier, aux taux habituels de la Sécurité sociale.

Ce que peut prévoir votre complémentaire santé

L’Inserm constatait en 2017 que « certaines mutuelles remboursent en partie les séances de kinésiologie ». Cette prise en charge passe par une garantie facultative, qui peut figurer dans votre tableau de garanties sous des intitulés comme « médecines douces », « médecines alternatives » ou « pratiques non conventionnelles ». Le site public ABE Info Service résume la règle générale : quand un contrat prévoit la prise en charge de prestations non remboursées par la Sécurité sociale, « celle-ci est souvent limitée à un montant par an, voire par séance ».

Avant de compter sur ce forfait, vérifiez quatre points :

  • la kinésiologie figure-t-elle dans la liste des pratiques couvertes, ou le forfait ne vise-t-il que quelques disciplines nommées ?
  • le montant est-il fixé par séance, avec un nombre maximal de séances, ou sous forme d’enveloppe annuelle ?
  • l’enveloppe est-elle commune à plusieurs pratiques, par exemple avec l’ostéopathie ?
  • le contrat pose-t-il des conditions sur le praticien ou sur le justificatif à fournir ?

Pour le justificatif, la DGCCRF rappelle que le praticien doit remettre une note (« ticket », « facture »…) « lorsque le montant d’une prestation dépasse 25 € ou si le consommateur en fait la demande ».

Exemple chiffré : quatre séances dans l’année

Prenons quatre séances de kinésiologie à 60 € chacune, soit 240 € dans l’année (prix choisi pour l’exemple), et trois contrats fictifs dont le forfait n’obéit pas aux mêmes règles.

Quatre séances à 60 € : ce que rembourse la complémentaire selon la règle du forfait (exemple)
ContratRègle du forfaitRembourséReste à payer
A25 € par séance, 3 séances par an, kinésiologie citée75 €165 €
B150 € par an pour toutes les médecines douces, dont 90 € déjà utilisés en ostéopathie60 €180 €
CForfait « médecines douces » qui ne cite pas la kinésiologie0 €240 €

Le montant affiché compte moins que ses règles d’emploi. Un forfait de 150 € par an peut rembourser moins qu’un forfait de 25 € par séance s’il est partagé avec d’autres pratiques, et rien du tout s’il ne cite pas la vôtre. Pour savoir comment ces limites se lisent, reportez-vous à notre fiche sur le plafond de remboursement, et à celle sur le tableau de garanties.

Les mises en garde officielles

La fiche pratique de la DGCCRF sur les pratiques de soins non conventionnelles, mise à jour en mars 2026, cite nommément la kinésiologie parmi ces pratiques, aux côtés de l’aromathérapie et de l’ostéopathie. Elle rappelle les règles qui s’imposent aux praticiens et les signaux qui doivent faire réfléchir le consommateur :

  • l’information sur les prix : les professionnels doivent donner une information sur les prix pratiqués ;
  • les allégations : celles qui assimilent la pratique à de la médecine, suggèrent que le professionnel peut soigner une maladie ou que les actes seraient pris en charge par l’assurance maladie « doivent alerter » ;
  • le lien avec le médecin : « En cas de doute, notamment s’agissant des contre-indications individuelles à une pratique, un échange avec un professionnel de santé (médecin…) est recommandé. »

Ces règles font l’objet de contrôles. Lors d’une campagne menée entre octobre 2020 et septembre 2021 sur près d’une cinquantaine de disciplines, auprès de professionnels et de centres de formation, la DGCCRF a ciblé 381 établissements et relevé un taux d’anomalie de 66 %, avec 189 avertissements, 55 injonctions et 17 procès-verbaux (bilan publié en mars 2022). Ces chiffres portent sur l’ensemble des pratiques contrôlées, pas sur la kinésiologie en particulier. Enfin, si vous craignez une emprise ou une dérive sectaire, la Miviludes propose un formulaire en ligne pour l’en informer et être orienté dans vos démarches.

En parler avec un conseiller

Deux contrats peuvent afficher des forfaits « médecines douces » proches et rembourser très différemment la même séance. Les conseillers d’Adallom Assurance, basés en France, comparent avec vous les règles de ces forfaits sur plusieurs offres de complémentaire santé. Vous pouvez les joindre au 01 89 74 41 49, du lundi au jeudi de 9 h à 18 h et le vendredi de 9 h à 13 h.

Questions fréquentes

La kinésiologie est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?

Non. Les kinésiologues ne font pas partie des professionnels de santé régis par le Code de la santé publique, et leurs séances ne sont pas prises en charge par l’Assurance maladie. Seule une complémentaire santé peut en rembourser une partie, si votre contrat prévoit un forfait qui couvre la kinésiologie.

Quelle différence entre un kinésiologue et un kinésithérapeute ?

Le masseur-kinésithérapeute est un professionnel de santé dont les séances sont remboursées à 60 % par l’Assurance maladie. Le kinésiologue n’est pas un professionnel de santé : selon l’Inserm, il n’existe ni titre professionnel de kinésiologue, ni formation reconnue par l’État. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes souligne qu’il n’y a aucun point commun entre les deux pratiques.

Ma mutuelle peut-elle rembourser des séances de kinésiologie ?

Oui, si votre contrat prévoit un forfait pour les médecines douces qui inclut la kinésiologie. Selon ABE Info Service, ce type de prise en charge est souvent limité à un montant par an, voire par séance ; il peut aussi être assorti d’un nombre maximal de séances ou partagé avec d’autres pratiques. Lisez le libellé exact de la ligne dans votre tableau de garanties.

Quel justificatif demander après une séance ?

Une note, c’est-à-dire un ticket ou une facture. Selon la DGCCRF, le praticien doit la remettre lorsque la prestation dépasse 25 € ou si vous la demandez. Conservez-la avec vos autres justificatifs de santé, en particulier si votre contrat prévoit un forfait.

Que faire si une séance ou un praticien vous inquiète ?

Parlez-en d’abord à votre médecin : en cas de doute, notamment sur les contre-indications, la DGCCRF recommande un échange avec un professionnel de santé. Ne modifiez pas un traitement prescrit sans son avis. Si vous craignez une emprise ou une dérive sectaire, vous pouvez informer la Miviludes grâce au formulaire en ligne du ministère de l’Intérieur, pour être aidé ou orienté dans vos démarches.

Pour aller plus loin

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Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !