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Biens mobiliers (capital mobilier)

Biens mobiliers (capital mobilier)

Les biens mobiliers sont le contenu assuré du logement ; le capital mobilier est le montant pour lequel on les assure, qui plafonne l’indemnisation.

Les biens mobiliers désignent, en assurance habitation, le contenu de votre logement : meubles, appareils, vêtements, objets personnels et même animaux domestiques. Le capital mobilier est le montant pour lequel vous les assurez. Il plafonne l’indemnisation, et s’il est trop bas, l’indemnité de chaque sinistre peut être réduite en proportion.

Le bâtiment se voit, le mobilier se sous-estime. On pense au canapé et au réfrigérateur, on oublie le linge, les livres, les outils de la cave ou l’ordinateur du bureau. Le jour d’un incendie ou d’un dégât des eaux, c’est pourtant cette liste qui fixe ce que l’assureur vous doit. Voici ce qu’elle contient, comment l’estimer et ce qui change quand vous déménagez.

Ce que l’assurance range dans vos biens mobiliers

France Assureurs, la fédération des sociétés d’assurance, donne le périmètre habituel. Les contrats multirisques habitation garantissent « le mobilier personnel appartenant à l’assuré, aux membres de sa famille, à ses employés et ouvriers et à toute autre personne résidant ou se trouvant momentanément dans les locaux assurés ». Et d’ajouter : « Ce mobilier englobe tous les meubles et objets et inclut les animaux domestiques » (France Assureurs, indemnisation des biens mobiliers). Les affaires d’un ami hébergé quelques jours peuvent donc entrer dans la garantie, si votre contrat reprend cette définition.

La frontière avec le bâtiment n’est pas toujours celle qu’on imagine. Certains contrats assimilent à du mobilier des aménagements et embellissements, par exemple des revêtements de sol, de mur ou de plafond ou une installation de chauffage que le locataire a réalisés à ses frais, tant qu’ils ne sont pas devenus la propriété du bailleur. À l’inverse, dans un dossier examiné par la Médiation de l’assurance, le contrat rangeait les installations de chauffage parmi les biens immobiliers, ce qui a privé l’assuré de sa formule de rééquipement, réservée au mobilier usuel (étude de cas de septembre 2021). Seule la définition de votre contrat tranche.

Contenu ou bâtiment : où se range quoi ?
BienTraitement habituelÀ vérifier dans le contrat
Meubles, vêtements, linge, vaisselle, objets personnelsMobilier personnelLe capital et le mode d’indemnisation
Électroménager (gamme « blanche »), audio et vidéo (gamme « brune »), ordinateurs et objets nomades (gamme « grise »)Biens mobiliers classés par gammeLes appareils couverts, tels que les énonce le contrat
Bijoux et objets de valeurCapital spécifique, avec des limitations propresLa définition des objets de valeur, leur plafond, les franchises et exclusions propres
Matériel utilisé pour votre professionEn général en option, avec des capitaux limitésL’option et son plafond
Revêtements et installations posés par un locataire à ses fraisAssimilés à du mobilier par certains contratsLa rubrique « aménagements et embellissements »
Murs, toiture, installations intégrées au bâtimentBâtiment (biens immobiliers)Qui les assure : le propriétaire, la copropriété, le locataire pour ses risques locatifs

Sources : France Assureurs pour le mobilier, le matériel professionnel et les embellissements ; ABE Info Service, le site d’information de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF, pour les gammes et les objets de valeur. Sur les gammes, ABE Info Service précise qu’il faut se reporter au contrat pour connaître les appareils couverts.

Locataire : l’assurance obligatoire ne couvre pas vos meubles

L’assurance que la loi impose au locataire couvre les risques locatifs : les dégâts qu’un incendie, une explosion ou un dégât des eaux causent au logement loué. Service Public est explicite : « La garantie des risques locatifs ne couvre pas non plus vos biens personnels, qui pourraient être endommagés lors d’un sinistre » (obligation d’assurance du locataire). Pour protéger vos meubles, il faut une garantie qui les vise, en pratique une multirisque habitation avec un capital mobilier. Notre fiche sur l’assurance locataire détaille le reste de vos obligations.

Le capital mobilier : un plafond et une référence

À la souscription, l’assureur vous demande notamment d’estimer ce que valent les biens à couvrir, du mobilier aux objets de valeur en passant par les équipements spécifiques (Service Public, souscription de l’assurance habitation). Ce chiffre joue deux rôles.

C’est d’abord un plafond. Selon France Assureurs, l’indemnité correspond à la valeur d’usage des biens endommagés, franchise déduite, « dans la limite du montant des capitaux garantis ». C’est ensuite une référence. Si la valeur réelle de vos biens dépasse le capital déclaré, Service Public prévient que l’indemnisation sera réduite proportionnellement (fiche risque incendie) : c’est la règle proportionnelle, que votre contrat peut écarter ou aménager.

Surestimer ne sert à rien non plus. France Assureurs le rappelle : « L’indemnité versée par l’assureur ne peut dépasser le montant de la valeur du bien assuré au moment du sinistre. » Or la cotisation dépend notamment « du contenu de l’habitat (capital mobilier, objets de valeur…) », précise ABE Info Service : un capital gonflé se paie sans augmenter ce que vous toucherez. Le bon capital est donc le plus juste possible, et il se réévalue : après un gros achat, un héritage, une installation dans un logement plus grand.

Estimer ses biens, pièce par pièce

La méthode la plus fiable est aussi la plus simple : faire le tour du logement, pièce par pièce, dépendances comprises, en notant ce que coûterait aujourd’hui chaque bien à remplacer. Les gammes d’ABE Info Service aident à ne rien oublier. Voici un exemple fictif pour un trois-pièces, avec des montants choisis pour l’illustration.

Exemple fictif d’inventaire au prix de remplacement
PièceBiens recensésValeur estimée
SéjourCanapé et fauteuil (1 500 €), table et chaises (800 €), téléviseur et équipement audio (900 €), livres et décoration (600 €)3 800 €
CuisineÉlectroménager (2 500 €), vaisselle et ustensiles (600 €)3 100 €
ChambresLits et literie (1 800 €), armoires et rangements (1 000 €), vêtements, chaussures et linge (4 000 €)6 800 €
Coin bureauOrdinateur, tablette, imprimante1 800 €
CaveVélos, outillage1 200 €
Mobilier courant16 700 €
Objets de valeurBijoux2 500 €, à déclarer à part

Deux enseignements. Si ce foyer avait déclaré 12 000 € de capital pour ce mobilier courant, il lui manquerait 4 700 €. Un dégât des eaux causant 4 000 € de dommages ne serait alors indemnisé, si la règle proportionnelle s’applique, qu’à hauteur d’environ 2 874 € avant franchise. Et si le contrat plafonne les objets de valeur à 1 500 €, hypothèse retenue ici, 1 000 € de bijoux restent sans garantie.

Pour que l’inventaire serve aussi de preuve, ajoutez des photos de chaque pièce et gardez les factures numérisées hors du logement. ABE Info Service prévient : après un sinistre, vous devrez justifier par tous moyens l’existence et la valeur, au moment du sinistre, des biens endommagés ou détruits.

Objets de valeur : un capital à part

Les bijoux et objets de valeur obéissent à des règles propres. ABE Info Service indique qu’un capital vous sera proposé pour les garantir, et que certains biens, « tel que les objets de valeur et les bijoux », peuvent faire l’objet de limitations spécifiques : plafonds de garanties, franchises, exclusions. Service Public va dans le même sens dans sa fiche sur les garanties facultatives du locataire : bijoux, objets de valeur ou appareils multimédias coûteux peuvent demander une déclaration à part ou une option.

Ce capital ne se met pas à jour tout seul. Dans un dossier publié en janvier 2024 par la Médiation de l’assurance, un assuré avait acquis après la souscription un bien estimé à 100 000 €, sans le signaler. Après le vol, l’indemnisation a été limitée aux 6 000 € prévus pour les biens précieux, et le médiateur a conclu que l’assuré doit déclarer lui-même tout changement relatif au risque assuré (étude de cas). Pour une pièce de joaillerie, voyez notre fiche Karat, assurance bijou et évaluation, et pour un objet dont la valeur se discute, la valeur agréée.

Déménagement : vos meubles hors de chez vous

Pendant un déménagement confié à un professionnel, c’est d’abord lui qui répond des dommages. Selon Service Public, « le déménageur est responsable en cas de faute de sa part ou de la part de ses salariés entraînant la perte ou la casse d’un objet » (faire appel à un déménageur professionnel). Le document qui compte, c’est la déclaration de valeur : « un document obligatoire qui vous permet de notifier le montant de votre mobilier, pour le déclarer à l’assurance ». Service Public prévient qu’en son absence, l’indemnisation peut être fortement limitée. Votre inventaire trouve ici un second usage.

À l’arrivée, notez vos réserves de façon précise sur le bulletin de livraison avant de le signer. Si vous découvrez des dégâts ou des manques après le départ des déménageurs, vous pouvez encore protester dans les 10 jours suivant la réception de vos biens, ou dans les 3 mois si le déménageur n’a pas indiqué clairement la procédure à suivre, par une protestation motivée envoyée en lettre recommandée avec accusé de réception.

Côté assurance habitation, prévenez votre assureur. Pour les locataires, Service Public fixe le cadre : de préférence avant le départ, et au plus tard 15 jours calendaires après avoir quitté les lieux. Le contrat peut suivre vos meubles dans le nouveau logement par avenant, ou être résilié si le déménagement modifie les risques assurés (déménagement du locataire). C’est le bon moment pour recalculer votre capital mobilier.

Après un sinistre : comment vos biens sont indemnisés

Sauf formule plus favorable, vos biens mobiliers sont indemnisés en valeur d’usage : le prix d’un bien neuf équivalent, diminué de la vétusté. Les assureurs proposent aussi, contre une cotisation supplémentaire, la valeur à neuf ou le rééquipement à neuf, avec leurs conditions de remplacement. Ces trois fiches se complètent : celle-ci fixe ce que vous assurez, les deux autres disent comment c’est payé.

La garantie catastrophe naturelle suit la même logique. Elle couvre les biens assurés par votre contrat, qui peuvent comprendre les biens mobiliers (meubles, appareils électroménagers, objets personnels), et, précise Service Public, un bien que votre contrat n’assure pas ne peut pas être indemnisé (catastrophe naturelle, indemnisation). Un mobilier non assuré n’est donc pas rattrapé par l’arrêté de catastrophe naturelle.

Vous ne savez plus quel capital mobilier figure dans vos conditions particulières, ni comment votre contrat traite les objets de valeur ? Adallom Assurance, courtier immatriculé à l’ORIAS (n° 11061659), part de votre inventaire pour vous présenter plusieurs contrats d’assurance habitation. L’accompagnement par un conseiller, par téléphone, e-mail ou tchat, est inclus sans surcoût, et le devis se fait en 2 minutes.

Questions fréquentes

Que comprennent les biens mobiliers en assurance habitation ?

Le contenu du logement : meubles, appareils, vêtements, linge, vaisselle, objets personnels et, selon France Assureurs, les animaux domestiques. Les objets de valeur font l’objet d’un capital proposé à part, le matériel professionnel relève en général d’une option, et certains contrats assimilent au mobilier les embellissements réalisés par un locataire à ses frais.

Comment calculer son capital mobilier ?

Faites l’inventaire pièce par pièce, dépendances comprises, en estimant le prix de remplacement actuel de chaque bien, puis additionnez. Mettez à part les bijoux et objets de valeur, qui relèvent d’un capital spécifique. Gardez photos et factures, et réévaluez le capital après un achat important ou un déménagement.

Que se passe-t-il si mon capital mobilier est trop bas ?

L’indemnité ne dépassera pas le capital garanti. Et si la valeur réelle de vos biens dépasse le capital déclaré, la règle proportionnelle peut réduire chaque indemnité dans le même rapport, même pour un petit sinistre, sauf clause contraire de votre contrat.

Mes bijoux sont-ils couverts par mon assurance habitation ?

Ils peuvent l’être, avec les limitations spécifiques que prévoit votre contrat : capital ou plafond propre aux objets de valeur, franchises, exclusions. Certains objets peuvent nécessiter une déclaration spécifique ou une option. Vérifiez la définition des objets de valeur et leur plafond dans votre contrat, et signalez tout achat important.

Pour aller plus loin

N’attendez plus.
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