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Valeur agréée

Valeur agréée

La valeur agréée est la valeur d’assurance d’un bien, fixée par un expert à la souscription et acceptée par l’assureur, qui sert de base en cas de sinistre.

La valeur agréée est la valeur d’assurance d’un bien, déterminée par un expert au moment de la souscription du contrat et acceptée par l’assureur. En cas de sinistre, elle évite de devoir reconstituer après coup ce que valait le bien, ce qui intéresse les propriétaires de biens rares ou difficiles à estimer.

D’ordinaire, l’indemnisation fonctionne à rebours : le sinistre survient, puis un expert cherche ce que valait le bien juste avant. Pour une citadine récente, les références ne manquent pas. Pour un coupé des années 1970 restauré pièce par pièce, un voilier ancien ou un tableau, c’est une autre affaire. La valeur agréée inverse le calendrier : on se met d’accord sur le chiffre avant, à froid, pièces en main.

Une valeur fixée à la souscription, pas après le sinistre

La définition vient de France Assureurs, qui la range parmi les valeurs qu’un contrat auto peut retenir pour indemniser votre véhicule : c’est « la valeur d’assurance déterminée par un expert au moment de la souscription du contrat et acceptée par la société d’assurances ». Deux conditions, donc : une expertise préalable, et l’accord de l’assureur sur le montant.

Tout le contraste est dans le moment. Sans valeur agréée, une voiture ancienne est indemnisée sur sa valeur vénale ou sur la VRADE, selon le contrat, et ces valeurs sont chiffrées par un expert après le sinistre. Avec une valeur agréée, l’expertise a lieu avant, et son résultat est inscrit au contrat.

Service Public mentionne une logique voisine à propos du vol d’un véhicule : parmi les bases d’indemnisation possibles, il cite une « valeur conventionnelle, précisée dans le contrat » (fiche vol d’un véhicule). Les intitulés varient selon les assureurs : ce qui compte, c’est de savoir si le chiffre a été fixé et accepté d’avance.

Ce que la valeur agréée ne change pas

L’assurance de biens reste un contrat d’indemnité, au sens de l’article L121-1 du Code des assurances. La valeur agréée règle d’avance la question de la valeur. Elle ne dispense pas de prouver le sinistre et le dommage, et elle ne change rien à l’étendue des garanties souscrites.

La Médiation de l’assurance a appliqué ce principe en 2023 à un bateau de plaisance. Après deux sinistres, l’expert avait chiffré les dommages de la coque ; le propriétaire réclamait la réfection complète de la coque, car la réfection partielle avait laissé une différence de teinte. Pour l’expert, il était normal qu’une coque de neuf ans se décolore avec l’usure et les UV. Le médiateur a rappelé que l’assuré ne doit, du fait de l’assurance, subir aucune perte ni obtenir aucun profit : la réfection intégrale l’aurait placé dans une situation meilleure qu’avant. Pour un dommage partiel, c’est donc la réparation qui est indemnisée, dans les limites du contrat.

Voiture de collection : quand la cote ne dit plus rien

Une voiture peut obtenir une carte grise de collection si elle remplit trois conditions, selon Service Public : avoir 30 ans ou plus, ne plus être produite et ne pas avoir subi de modification de ses caractéristiques techniques. Il faut une attestation du constructeur ou de la Fédération française des véhicules d’époque (FFVE). Pour une voiture, le contrôle technique a lieu tous les 5 ans si elle a été mise en circulation à partir de 1960 ; avant 1960, elle en est dispensée.

Pour ces voitures, la valeur tient à des éléments qu’une expertise faite dans l’urgence, après un vol ou un incendie, a du mal à reconstituer : l’état d’origine, la qualité d’une restauration, l’historique, la rareté de la version. Les annonces comparables sont souvent rares, et une cote générale peut mal refléter l’écart entre un exemplaire restauré et un exemplaire à restaurer. C’est ce que la valeur agréée permet de trancher à l’avance, pièces et photos à l’appui.

Une carte grise de collection ne dispense pas d’assurance. Selon Service Public, un véhicule de collection doit être assuré comme tous les véhicules terrestres à moteur mis en circulation, au minimum en responsabilité civile ; notre fiche sur le véhicule terrestre à moteur détaille cette obligation. Vous pouvez y ajouter des garanties comme les dégâts matériels ou le vol : c’est pour elles que la valeur agréée compte. Certains assureurs proposent des contrats réservés à ces véhicules, qui roulent en général de façon occasionnelle. L’assureur peut aussi poser des conditions plus restrictives, par exemple un conducteur de plus de 21 ans ou sans accident responsable dans les 2 années qui précèdent la souscription, voire vous imposer d’assurer en même temps un véhicule plus récent pour l’usage quotidien.

Exemple chiffré : un coupé restauré

Prenons un cas fictif. Un coupé de 1972, restauré, est assuré avec une valeur agréée de 38 000 €, fixée sur expertise à la souscription, et une franchise de 500 €. Il est volé et n’est pas retrouvé. Si le contrat prévoit l’indemnisation en valeur agréée en cas de vol, l’indemnité est de 38 000 − 500 = 37 500 €. Sans valeur agréée, l’expert devrait estimer après coup la valeur d’un véhicule qu’il n’a jamais vu, à partir de quelques annonces et de vos factures : le résultat pourrait être très différent, dans un sens comme dans l’autre.

Bateau de plaisance : une assurance facultative, une valeur à fixer

L’assurance d’un bateau de plaisance est facultative, précise Service Public, sauf pour les navires de plaisance d’une jauge brute égale ou supérieure à 300, principalement les grands yachts. Il est toutefois « fortement conseillé » de souscrire au moins une responsabilité civile, et certains ports ou marinas peuvent exiger une attestation d’assurance pour attribuer une place d’amarrage. Pour une protection plus complète, un contrat multirisques plaisance propose des garanties comme les dommages au bateau (incendie, tempête, naufrage, collision), le vol et les frais de retirement d’épave et de remorquage.

Au moment de souscrire, posez une question simple : en cas de perte totale, sur quelle valeur le bateau sera-t-il indemnisé ? Une valeur fixée après le sinistre, ou une valeur agréée sur expertise ? Pensez aussi aux périodes d’immobilisation, traitées dans notre fiche sur l’hivernage.

Bijoux, œuvres d’art, collections : le piège du plafond

Chez vous, les biens précieux relèvent en principe de votre multirisque habitation, avec des règles propres. Service Public prévient que les objets de valeur, bijoux, pierres précieuses, œuvres d’art, tapisseries, sont souvent soumis à un plafond ou à des conditions de sécurité particulières (fiche assurance habitation et vol). Sa fiche sur l’assurance du locataire ajoute que certains objets, comme les bijoux ou les appareils multimédias coûteux, peuvent nécessiter une déclaration spécifique ou une option supplémentaire.

Deux dossiers de la Médiation de l’assurance montrent ce qui arrive quand on ne s’en préoccupe pas. Dans le premier, des collections de livres anciens estimées à 3 900 €, 7 000 € et 10 500 € ont été volées. Le contrat classait parmi les objets de valeur « les collections de toutes natures lorsque leur valeur totale est supérieure à 3 fois l’indice », soit 2 960 €, et le capital prévu pour ces objets était de 0 euro : aucune indemnisation n’était due. Dans le second, un bien estimé à 100 000 €, acheté après la souscription, a été volé ; le contrat limitait les biens précieux à 6 000 €. Le médiateur a rappelé que l’assureur n’est pas tenu de s’informer périodiquement de l’évolution de la valeur des biens à assurer et qu’il revient à l’assuré de signaler tout changement (étude de cas publiée en janvier 2024).

Pour un objet de ce niveau, la question n’est donc pas seulement celle de la valeur agréée. Il faut d’abord qu’un capital suffisant soit prévu. Demandez ensuite si l’assureur accepte d’inscrire au contrat une valeur fixée sur expertise, ou s’il faut un contrat spécifique. Notre guide sur l’indemnisation du vol et du cambriolage complète ces points.

Mettre en place une valeur agréée, étape par étape

  1. Choisir l’expert. Pour un véhicule, un expert en automobile, dont la profession est encadrée par le Code de la route ; pour un objet d’art ou un bijou, un spécialiste de la catégorie. Demandez à l’assureur quels experts il accepte.
  2. Réunir les pièces. Factures d’achat et de restauration, photos détaillées, certificats, historique d’entretien : ce sont les justificatifs que France Assureurs demande de toute façon lors d’une expertise.
  3. Faire inscrire la valeur au contrat. Vérifiez qu’elle figure dans vos conditions particulières, avec les garanties auxquelles elle s’applique : vol, incendie, destruction totale, dommages partiels.
  4. Connaître la durée de validité. Demandez pendant combien de temps l’expertise est reconnue et à quel moment la refaire. Le ministère de l’Économie relevait en 2023, à propos d’une estimation faite lors du contrôle technique, que la valeur d’un véhicule évolue rapidement (réponse publiée au Journal officiel du Sénat) : une valeur agréée jamais actualisée finit par ne plus refléter le marché.
  5. Déclarer les changements. Une restauration, une modification, un achat important : signalez-les, car l’assureur n’a pas à suivre de lui-même l’évolution de vos biens.

Valeur agréée ou indemnisation classique : ce qui change

Deux façons de fixer la valeur d’un bien assuré
Point de comparaisonValeur agrééeValeur vénale ou VRADE
Moment de l’évaluationÀ la souscriptionAprès le sinistre
Qui la fixeUn expert, puis l’assureur l’accepteL’expert missionné après le sinistre, contestable par contre-expertise
PreuvesRéunies avant, à tête reposéeÀ fournir après coup, parfois disparues avec le bien
Dommage partielRéparation indemnisée selon le contratRéparation indemnisée selon le contrat
Point de vigilanceActualiser la valeur et déclarer les changementsValeur difficile à établir pour un bien rare

Vous possédez une voiture de collection ou un véhicule ancien, et vous ne savez pas sur quelle valeur il serait indemnisé ? Posez la question à un conseiller d’Adallom Assurance, courtier sans lien d’exclusivité avec un assureur. Le devis se demande en 2 minutes sur notre page assurance auto, et vous êtes rappelé entre 5 minutes et 24 heures plus tard.

Questions fréquentes

Quelle différence entre valeur agréée et valeur déclarée ?

La valeur déclarée est le montant que vous indiquez à l’assureur, sans expertise. Si elle est inférieure à la valeur réelle, Service Public rappelle que l’indemnisation peut être réduite en proportion. La valeur agréée, elle, est déterminée par un expert et acceptée par l’assureur dès la souscription.

Faut-il refaire l’expertise régulièrement ?

C’est prudent. Demandez à votre assureur pendant combien de temps l’expertise est reconnue. Et signalez-lui toute restauration, modification ou acquisition importante : selon la Médiation de l’assurance, l’assureur n’est pas tenu de s’informer de lui-même de l’évolution de la valeur de vos biens.

La valeur agréée joue-t-elle en cas de dommage partiel ?

Pour un dommage partiel, c’est en principe le coût de la réparation qui est indemnisé, dans les limites prévues au contrat, car le principe indemnitaire s’applique. À propos d’un bateau, la Médiation de l’assurance a ainsi donné raison à un assureur qui refusait la réfection complète d’une coque dont seule une partie avait été endommagée. Vérifiez dans votre contrat à quelles garanties la valeur agréée s’applique.

Une voiture de collection doit-elle être assurée ?

Oui. Selon Service Public, un véhicule de collection doit être assuré comme tous les véhicules terrestres à moteur mis en circulation, au minimum en responsabilité civile. La valeur agréée concerne les garanties facultatives qui protègent le véhicule lui-même, comme le vol, l’incendie ou les dommages.

Pour aller plus loin

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