Le Covid-19 a révélé qu'une pandémie peut paralyser l'économie mondiale en quelques semaines. Pour l'assurance, ce « krach sanitaire » a soulevé des questions inédites. Voici les enseignements et les évolutions en 2026.
Définition
Le krach sanitaire désigne un événement majeur de santé publique (pandémie, épidémie de grande ampleur) ayant des conséquences économiques systémiques. Le terme s'est imposé après le Covid-19.
Pour l'assurance, c'est un risque nouveau, mal couvert historiquement, en cours d'adaptation.
Les leçons du Covid-19
Les pertes massives non couvertes
Pertes d'exploitation des restaurants, commerces, salles de spectacle. La majorité des contrats classiques excluaient ou ne couvraient pas explicitement les fermetures pour cause sanitaire.
Litiges judiciaires multiples
Des milliers de TPE/PME ont attaqué leurs assureurs. Décisions de jurisprudence variables selon les contrats.
Réponse de l'État
Aides massives (PGE, fonds de solidarité, chômage partiel). 240 milliards € au total. Mais imparfaitement compensé.
Les exclusions standard depuis
Tous les nouveaux contrats MRP intègrent désormais une exclusion explicite :
- Pandémies déclarées par l'OMS.
- Épidémies déclenchant des fermetures administratives.
- Crises sanitaires majeures.
Pour avoir une couverture, options spécifiques nécessaires (rares et coûteuses).
Le projet GAREAT pandémie
Modèle inspiré du GAREAT terrorisme : pool d'assureurs cofinancé par l'État pour mutualiser les risques pandémiques.
Discussions actives depuis 2021. Mise en place progressive prévue 2026-2028 avec :
- Surprime obligatoire sur certains contrats pro.
- Couverture standardisée pertes d'exploitation pandémie.
- Plafond cofinancé par l'État.
Les couvertures actuellement disponibles
Garantie pandémie en option
Quelques assureurs proposent des extensions spécifiques. Tarif élevé (10-30 % de surprime sur la MRP). Plafonds limités.
Captives d'assurance
Pour les grands groupes, création de captives (assureurs internes) pour mutualiser les risques pandémiques.
Auto-assurance
Constitution de réserves financières par les entreprises pour faire face. Peu pratique pour PME.
Trois cas pratiques
Cas 1 — Restaurant Covid sans couverture
Restaurant fermé 4 mois pendant Covid. Perte de chiffre d'affaires : 280 000 €. Pas de garantie pandémie. Aucune indemnisation. Aides État : 130 000 €. Reste à charge personnelle dirigeant : 150 000 €.
Cas 2 — Salle de spectacle avec garantie événement
Salle de spectacle, garantie « annulation événement » spécifique. Annulations Covid couvertes partiellement (50 % du préjudice). Indemnisation 80 000 € sur 160 000 € de préjudice. Fonctionnement de la garantie pandémie au sens strict.
Cas 3 — Captive assurance grand groupe
Grand groupe industriel, captive interne. Réserves dédiées pandémie 50 M€. Crise Covid : utilisation 30 M€. Auto-assurance fonctionnelle mais inaccessible aux PME.
Le conseil du courtier Adallom
Quatre principes face au risque sanitaire. Un : ne comptez pas sur votre MRP classique pour les pandémies. Exclusion explicite désormais standard. Deux : si vous êtes dans un secteur sensible (CHR, événementiel, retail), explorez les couvertures pandémie spécifiques. Coûteuses mais possibles. Trois : constituez une réserve de précaution équivalente à 3-6 mois de charges fixes. C'est l'auto-assurance la plus simple. Quatre : surveillez l'évolution du GAREAT pandémie. Mise en place progressive qui pourrait obliger ou faciliter la couverture.
Les risques sanitaires émergents
Au-delà du Covid, autres risques surveillés :
- Grippes pandémiques (H5N1, H1N1).
- Maladies tropicales émergentes (chikungunya, dengue en Europe).
- Antibiorésistance (AMR).
- Maladies à transmission hydrique.
Surveillance accrue par les organismes internationaux (OMS, ECDC).
Articulation avec d'autres garanties
| Garantie | Couverture pandémie |
|---|---|
| MRP classique | Exclusion (depuis 2021) |
| Pertes d'exploitation | Souvent exclusion |
| Cyber-assurance | Couverture cyber-incidents pendant la pandémie possible |
| Assurance vie | Indemnisation décès Covid (sauf exclusions spécifiques) |
| Prévoyance individuelle | Indemnisation arrêt maladie Covid |
Questions fréquentes
Le décès Covid était-il indemnisé ?
En assurance vie/décès, généralement oui, sauf clause spécifique. La majorité des contrats ont indemnisé.
Les exclusions pandémie sont-elles légales ?
Oui, dans les limites du droit de la consommation. Exclusion claire en caractères apparents requise.
Quand le GAREAT pandémie sera-t-il opérationnel ?
Mise en place progressive 2026-2028. Texte législatif en discussion. À surveiller.
Comment se protéger sans GAREAT ?
Réserves financières + auto-assurance + couverture spécifique pandémie (rare). Diversification des activités pour les sensibles.
Le bilan financier du Covid-19 pour le secteur assurantiel
L'épisode Covid a révélé l'ampleur du choc qu'une crise sanitaire peut représenter pour le secteur. Selon les données consolidées de la Fédération française de l'assurance, les chiffres clés du Covid pour les assureurs français :
- 3,2 milliards d'euros versés au titre des contrats prévoyance individuelle et collective (arrêts maladie, décès Covid).
- 1,5 milliard d'euros de contributions volontaires au fonds de solidarité gouvernemental.
- Plusieurs centaines de millions d'euros versés au titre des contrats Multirisque entreprise dont la rédaction laissait place à interprétation favorable au commerçant.
- Près de 10 000 procédures judiciaires intentées par des TPE/PME contre leurs assureurs pour pertes d'exploitation, avec des décisions très contrastées selon les juridictions.
Ces chiffres expliquent pourquoi les assureurs ont massivement clarifié leurs contrats post-Covid : les exclusions pandémie sont désormais explicites et écrites en caractères apparents, conformément aux exigences de la loi Hamon et aux recommandations de l'ACPR.
Le modèle GAREAT pandémie en détail
Le projet français de pool d'assurance pandémique s'inspire directement du GAREAT terrorisme créé après les attentats de 2001. Architecture envisagée :
- Souscription obligatoire pour certains secteurs sensibles (CHR, événementiel, tourisme, retail) au-delà d'un seuil de chiffre d'affaires.
- Cotisation calibrée en pourcentage de la prime MRP, mutualisée entre assureurs.
- Plafond garanti par l'État au-delà d'un certain niveau de pertes (3-5 milliards selon les scénarios).
- Déclenchement automatique dès qu'une pandémie est déclarée par l'OMS et reconnue par décret français.
- Couverture standardisée : pertes d'exploitation, frais supplémentaires, fermeture administrative.
L'objectif est d'offrir aux entreprises sensibles une protection quasi assurée contre le risque pandémique systémique, tout en préservant la solvabilité du secteur. La mise en place complète est attendue pour 2026-2028 selon les arbitrages politiques et budgétaires en cours.
En attendant, les recommandations pratiques pour les TPE/PME exposées : constituer une réserve financière de précaution équivalente à 3 à 6 mois de charges fixes, négocier dès maintenant des clauses spécifiques pandémie sur les contrats MRP les plus exposés (CHR, événementiel, retail), et surveiller les annonces législatives sur le futur GAREAT pandémie pour adapter sa stratégie de couverture en temps voulu.
Pour aller plus loin
- Lexique : Nouveaux risques émergents — Multirisque pro — Pertes d'exploitation
- Article : Que couvre une RC Pro
- Produit : Cyber-risques Adallom
- Source officielle : ACPR — Risques émergents
Anticiper les risques sanitaires : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.
