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Malus (bonus-malus auto)

Malus (bonus-malus auto)

Le malus est une majoration appliquée à la prime d’assurance auto lorsqu’un conducteur est reconnu responsable d’un accident. Il fait partie du système de bonus-malus, instauré en France pour récompenser la conduite prudente et responsabiliser les automobilistes.

Bonus 0,55 ou malus 1,25 ? Pour la plupart des conducteurs, ces chiffres restent abstraits, jusqu'au jour où un accident responsable les fait basculer dans le malus. Pourtant, le bonus-malus est l'élément qui pèse le plus lourdement sur votre prime auto. Le maîtriser, c'est économiser sur la durée. Voici comment il fonctionne en 2026.

Définition

Le bonus-malus (officiellement « coefficient de réduction-majoration » ou CRM) est le mécanisme qui ajuste votre prime d'assurance auto chaque année selon votre sinistralité. Il est encadré par l'article A.121-1 du Code des assurances et l'arrêté du 19 juillet 1977.

Principe : le coefficient de référence est 1,00. Une année sans sinistre responsable = bonus (réduction). Un sinistre responsable = malus (majoration). Le coefficient s'applique à la prime de base.

Le calcul du bonus

Chaque année sans sinistre responsable, le coefficient est multiplié par 0,95 (réduction de 5 %).

Le calcul du bonus
Année sans sinistreCoefficientRéduction cumulée
0 (1ère souscription)1,000 %
10,95−5 %
20,90−10 %
30,85−15 %
50,76−24 %
100,57−43 %
130,50−50 % (bonus max)

Au-delà de 13 ans sans sinistre, le coefficient ne baisse plus : 0,50 est le minimum réglementaire.

Le calcul du malus

Sinistre responsable = coefficient majoré de 25 % (× 1,25). Plusieurs sinistres dans l'année cumulent les majorations.

Cas particuliers :

  • Responsabilité partielle : majoration 12,5 %.
  • Sinistre non responsable : pas d'impact (mais peut être pris en compte par certains assureurs en sous-tarification).
  • Délit de fuite ou alcool : majoration spécifique (jusqu'à 100 % pour un délit de fuite, 150 % pour un accident responsable avec alcoolémie constatée).

Exemple : conducteur avec coefficient 0,80 (4 ans sans sinistre). Accident responsable. Nouveau coefficient : 0,80 × 1,25 = 1,00. Retour au point de départ.

Le coefficient « jeune conducteur »

Pour les conducteurs n'ayant jamais été assurés en propre, application d'une surprime jeune conducteur :

  • 1ère année : surprime 100 % (coefficient 1,00 × 2,00).
  • 2ème année sans sinistre : surprime 50 %.
  • 3ème année (après 2 ans sans sinistre responsable) : plus de surprime.
  • En cas d'accident responsable, cette diminution peut être retardée.

Pour les conducteurs ayant suivi la conduite accompagnée, surprime réduite (50 % la 1ère année).

Trois cas pratiques

Cas 1 : Bonus optimal

Conducteur 50 ans, bonus 0,50 depuis 5 ans. Prime de base 1 200 €. Prime payée : 600 €. Sans bonus, prime aurait été 1 200 €. Économie cumulée sur 13 ans : ~4 800 € (passage de 1,00 à 0,50, à prime de base constante). La régularité paie.

Cas 2 : Sinistre responsable et impact

Conducteur 35 ans, bonus 0,76 (5 ans sans sinistre), prime 580 €. Accident responsable. Nouveau coefficient : 0,76 × 1,25 = 0,95. Prime ajustée : 725 €. Surcoût annuel 145 € par rapport à la prime précédente. Sur 5 ans, par rapport à une évolution sans sinistre : ~800 €. Le sinistre matériel non déclaré aurait été plus économique sur ce plan, mais déclaration obligatoire en RC.

Cas 3 : Jeune conducteur

22 ans, première voiture, conduite accompagnée. Coefficient 1,00 × 1,50 = 1,50. Prime de base 980 € → 1 470 €. Année 2 sans sinistre : surprime ramenée à 25 % et coefficient 0,95, soit 980 × 1,25 × 0,95 ≈ 1 164 €. Année 3 : plus de surprime (980 × 0,90 = 882 €). Économie potentielle sur 4 ans : ~720 € si pas de sinistre, par rapport à un permis classique (surprime maximale de 100 % puis 50 %).

Le conseil du courtier Adallom

Quatre principes pour optimiser. Un : pour un sinistre matériel léger (~moins de 1 200 €), il peut être rationnel de payer personnellement plutôt que de déclarer. Calcul : surcoût bonus-malus 5 ans vs montant du sinistre. Si le sinistre est inférieur à 5 × surcoût annuel, ne déclarez pas. Deux : à chaque changement d'assureur, fournissez le relevé d'informations qui prouve votre bonus. Il mentionne votre coefficient et vos sinistres responsables des 5 dernières années, et il est indispensable pour changer d'assureur. Trois : le bonus-malus suit le conducteur, pas le véhicule. Si vous changez de voiture, votre coefficient se conserve. Quatre : pour les couples avec deux voitures, attention aux conducteurs principaux/secondaires. Le bonus-malus s'applique au principal. Bien définir qui conduit majoritairement quel véhicule.

Cas particuliers

Sinistre auteur non identifié

Stationnement urbain, voiture endommagée par tiers non identifié. Pas d'impact sur le bonus-malus de l'assuré si sa responsabilité n'est pas engagée (article A.121-1 al. 4).

Délit de fuite

Si vous êtes auteur d'un délit de fuite, majoration spécifique pouvant atteindre 100 %. Cumul avec sanctions pénales.

Alcoolémie ou stupéfiants

Accident responsable avec alcoolémie constatée : majoration pouvant atteindre 150 %, en plus de la majoration sinistre. Possible résiliation à initiative de l'assureur.

Sinistre déclaré et retiré

Si le sinistre n'est finalement pas indemnisé (par exemple pas de tiers identifié pour un sinistre cherché en vain), pas d'impact sur le bonus-malus.

Le système descendance/ascendance

Le système descendance/ascendance
ÉvénementEffet sur coefficient
1 année sans sinistre× 0,95 (mini 0,50)
1 sinistre responsable× 1,25
1 sinistre, responsabilité partielle (quel que soit le pourcentage)× 1,125
2 sinistres responsables× 1,5625 (1,25²)
Bonus parfait conservé 13 ans0,50 stable

Questions fréquentes

Que faire en cas de désaccord sur le coefficient ?

LRAR à l'assureur avec demande détaillée du calcul. Si désaccord persistant, médiateur de l'assurance.

Le bonus se conserve-t-il en cas d'arrêt d'activité auto ?

Oui, sans limite de durée : selon l'INC, « une fois acquis, il le reste ». Mais sans assurance au cours des 3 dernières années, vous pouvez être traité comme un jeune conducteur, avec une surprime. À documenter avec votre dernier relevé d'informations.

Un sinistre déclaré tardivement compte-t-il ?

Oui, dès qu'il est déclaré. La date du sinistre est ce qui compte, pas la date de déclaration.

Peut-on récupérer son bonus après un malus ?

Oui, par accumulation d'années sans sinistre. Mais le retour au bonus initial est lent : un malus, même lourd, disparaît après 2 ans consécutifs sans sinistre responsable (retour à 1,00), puis le coefficient ne baisse que de 5 % par an.

Le bonus-malus reste acquis après une interruption d'assurance : « une fois acquis, il le reste », rappelle l'INC. En revanche, sans assurance au cours des 3 dernières années, vous pouvez être traité comme un jeune conducteur lors d'une nouvelle souscription, avec une surprime, ce qui peut représenter une perte significative pour les conducteurs avec un historique très favorable.

Pour les jeunes conducteurs, l'apprentissage anticipé de la conduite (AAC) permet de débuter avec une surprime réduite (50 % au plus la 1re année, 25 % la 2e), le coefficient de départ restant de 1.

Pour aller plus loin

Optimiser votre bonus-malus auto : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.

N’attendez plus.
Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !