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Bateau de plaisance (assurance)

Bateau de plaisance (assurance)

L’assurance plaisance couvre la responsabilité civile, les dommages au bateau et le vol ; en France, elle n’est obligatoire que dès 300 de jauge brute.

L’assurance d’un bateau de plaisance couvre les risques liés à un voilier ou à un bateau à moteur de loisir : les dommages causés à des tiers (responsabilité civile), ceux subis par le bateau (assurance dite « corps »), le vol et des garanties annexes comme l’assistance. Elle est facultative en France, sauf pour les navires d’une jauge brute d’au moins 300.

Facultative ne veut pas dire accessoire. Au mouillage, un bateau qui chasse sur son ancre peut abîmer ses voisins ; en mer, une collision ou un échouement peut coûter le prix du bateau. Et certains ports demandent une attestation d’assurance avant d’attribuer une place. Voici ce que prévoit la réglementation, ce que contiennent les contrats et les points qui décident de l’indemnisation.

Obligatoire ou pas ? La loi, les ports et l’étranger

Service Public est net : « L’assurance d’un bateau de plaisance est facultative. » La DGCCRF le confirme dans sa fiche sur l’assurance de la navigation de plaisance : au regard de la réglementation française, la souscription est facultative, que la navigation soit maritime ou fluviale. Exception notable, rappelée par Service Public : l’assurance est obligatoire pour les navires de plaisance d’une jauge brute égale ou supérieure à 300, ce qui concerne principalement les grands yachts et les navires de plaisance à usage professionnel.

Dans les faits, d’autres raisons conduisent à s’assurer :

  • Au port. Selon la fiche Faut-il assurer un bateau de plaisance ? de Service Public, certains ports ou marinas peuvent exiger une attestation d’assurance pour vous attribuer une place d’amarrage.
  • À l’étranger. La DGCCRF signale, dans sa fiche écrite en 2023, que dans certains pays, comme l’Italie, la responsabilité civile est obligatoire « quelle que soit la nationalité du naviguant ». Renseignez-vous avant de partir.
  • Pour votre propre sécurité financière. Service Public juge qu’il est « fortement conseillé » de souscrire au moins une responsabilité civile.

Pour souscrire, l’assureur vous demandera les documents du bateau, titre de propriété et certificat d’immatriculation, ainsi que le permis du conducteur. La DGCCRF ajoute un point qui compte au moment d’un sinistre : les assureurs n’accordent leur garantie « que dans la mesure où les papiers du bateau et le permis de la personne chargée de la navigation sont en règle ».

Ce que couvre un contrat multirisques plaisance

Les contrats proposés aux plaisanciers sont en général des formules multirisques qui combinent plusieurs garanties. Voici celles que décrit la DGCCRF, avec ce qu’il faut regarder de près.

Les garanties d’une assurance plaisance
GarantieCe qu’elle couvreÀ vérifier
Responsabilité civileUniquement les dommages matériels ou corporels causés aux tiersSi votre famille et vos coéquipiers sont considérés comme des tiers
Assurance « corps »Les pertes et avaries du bateau : réparation, ou indemnisation s’il est perdu ou détruit par un événement extérieur prévu au contrat (incendie, tempête, naufrage, échouement, explosion, abordage, collision…)La valeur d’assurance déclarée, qui plafonne l’indemnité
VolLe vol du bateau, le vol par effraction des objets enfermés à bord, les dégâts causés par un vol ou une tentativePour un moteur hors-bord, la présence d’un dispositif de protection, condition de la garantie
Retirement ou destruction de l’épaveLes frais mis à la charge du plaisancier, jusqu’à un certain plafondLe montant du plafond
Assistance au navireSouvent comprise dans l’assurance corps : le remboursement des frais de sauvetageSi elle figure dans votre contrat
Remorquage et transport par la routeLes dégâts subis par le bateau pendant ses déplacements terrestres, d’office ou moyennant une surprime selon les contratsSi vous transportez le bateau sur une remorque
Défense-recoursVotre défense devant les tribunaux répressifs, le recours pour obtenir réparation de vos dommages corporels ou matérielsLes plafonds de prise en charge
Assistance aux personnesRapatriement des blessés ou des personnes décédées, skipper pour ramener le bateau, envoi de pièces détachéesElle ne joue généralement qu’au-delà de 50 milles du port d’attache, dans la limite du capital prévu
Individuelle accidentLe plaisancier, sa famille, les passagers, éventuellement les skieurs nautiques victimes d’un accident, en dehors de toute responsabilitéLes capitaux prévus

Source : DGCCRF, fiche écrite le 9 juin 2023 ; Service Public cite de son côté les dommages au bateau (incendie, tempête, naufrage, collision), le vol et les frais de retirement d’épave et de remorquage parmi les garanties d’un contrat multirisques plaisance.

La responsabilité civile, garantie de base

Elle indemnise les autres : le bateau que vous heurtez au port, le baigneur blessé, le ponton endommagé. Selon la DGCCRF, la plupart des contrats assimilent les membres de la famille (conjoint, ascendants, descendants) à des tiers, mais uniquement pour les dommages corporels. Il faut aussi veiller à ce que les coéquipiers soient considérés comme des tiers entre eux. Si vous tractez un skieur, sachez qu’il n’est pas automatiquement garanti : une extension ski nautique doit être demandée à l’assureur.

Pour une petite embarcation, regardez d’abord votre contrat habitation. La DGCCRF indique que la responsabilité civile plaisance peut éventuellement être incluse dans la multirisque habitation, « mais avec certaines limites, quant à la longueur du bateau ou bien encore la puissance du moteur ». Si votre contrat habitation comprend une garantie de responsabilité civile vie privée, vérifiez ce qu’elle prévoit pour les bateaux avant de mettre le vôtre à l’eau. Enfin, le plaisancier membre d’un club affilié à une fédération sportive est « automatiquement assuré », précise la même fiche.

Quelle valeur assurer ?

À la souscription, l’assureur vous demande la valeur d’assurance du bateau. La DGCCRF conseille de la fixer « en tenant compte non seulement de la valeur économique du bateau, mais aussi des aménagements et des accessoires indispensables ». La précision a une conséquence directe : « La somme indiquée constituera en effet la limite d’engagement de l’assureur. »

Exemple : vous assurez un voilier pour 40 000 €, sa valeur à l’achat. Vous ajoutez ensuite un pilote automatique, une électronique neuve et un jeu de voiles, pour 6 000 €. Si vous ne mettez pas à jour la valeur d’assurance, l’indemnité en cas de perte totale ne pourra pas dépasser 40 000 €, alors que vous avez investi 46 000 € au total. Signalez chaque équipement important à votre assureur.

Pour un bateau ancien ou rare, la question de la valeur agréée se pose. France Assureurs la définit, à propos de l’assurance auto, comme « la valeur d’assurance déterminée par un expert au moment de la souscription du contrat et acceptée par la société d’assurances ». Demandez à l’assureur si son contrat plaisance la prévoit et à quelles garanties elle s’applique. Dans tous les cas, l’assurance ne doit pas vous enrichir : dans un dossier publié en 2023, la Médiation de l’assurance a estimé injustifiée la réfection complète de la coque d’un bateau endommagé en partie, en rappelant que l’assuré ne doit « subir aucune perte, ni obtenir aucun profit ».

Le prix final comprend aussi des taxes. Les assurances de navigation maritime ou fluviale des bateaux de sport ou de plaisance supportent la taxe sur les conventions d’assurance au taux de 19 %, selon le ministère de l’Économie. S’y ajoute la contribution au fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d’autres infractions, prélevée notamment sur les contrats bateau : 6,50 € par an, puis 8,50 € à partir de janvier 2027 (Service Public). Pour une cotisation de 400 € hors taxes, montant choisi pour l’exemple et entièrement soumis au taux de 19 %, la taxe ajoute 76 € et la contribution 6,50 € : vous payez 482,50 € en 2026.

Zones de navigation : jusqu’où le contrat vous suit

Un contrat plaisance ne vous couvre pas forcément partout. Avant de programmer une croisière, vérifiez si votre contrat fixe des limites de navigation, et relisez notre fiche sur la territorialité des garanties. Trois points méritent l’attention :

  • l’assistance aux personnes ne joue généralement qu’au-delà de 50 milles du port d’attache, comme l’indique le tableau : près des côtes, elle peut donc ne rien prendre en charge ;
  • à l’étranger, la réglementation locale peut imposer une responsabilité civile, comme en Italie ;
  • le permis de la personne qui conduit doit être en règle, sans quoi l’assureur peut refuser sa garantie.

Hivernage, transport et convoyage : quand le bateau ne navigue pas

Un bateau à terre reste exposé au vol, à l’incendie ou aux tempêtes. Avant de réduire vos garanties pour l’hiver, regardez ce qui resterait couvert, et à quelles conditions : lieu de stockage, antivol sur le hors-bord, objets laissés à bord. Toute formule allégée doit être prévue au contrat ou acceptée par l’assureur ; notre fiche sur l’hivernage présente ce type d’option, et celle sur la suspension de garantie ses limites.

Pensez aussi au trajet vers le chantier d’hivernage. La DGCCRF rappelle que certains contrats prennent en charge d’office les dégâts subis par le bateau lors de ses déplacements terrestres, et que d’autres ne le font que moyennant une surprime. Si vous tractez vous-même votre bateau, posez la question avant le départ.

Pour un convoyage par la mer, confié à un professionnel ou à un ami, le même réflexe s’applique : la garantie suppose que le permis de la personne chargée de la navigation soit en règle, et le trajet doit rester dans les limites de navigation éventuellement fixées par le contrat. Avant le départ, demandez à l’assureur de confirmer par écrit que le bateau reste couvert pendant le convoyage.

Location : louer un bateau ou louer le sien

La DGCCRF le rappelle en ouverture de sa fiche : propriétaire ou locataire, il faut vérifier que l’on est bien assuré. Si vous louez un bateau, demandez au loueur ce que couvre l’assurance du bateau et ce qui resterait à votre charge en cas de dommage, puis vérifiez ce que prévoit votre propre responsabilité civile.

Si c’est vous qui mettez votre bateau en location, son usage n’est plus celui d’une navigation privée. Le ministère de l’Économie rappelle que lorsque le risque évolue et s’aggrave, « vous avez l’obligation de déclarer ces circonstances nouvelles à l’assureur dans un délai de quinze jours à partir du moment où vous en avez eu connaissance ». Prévenez-le avant la première location et faites confirmer par écrit que cet usage est couvert.

Grande plaisance : l’assurance obligatoire à partir de 300 de jauge brute

Pour les plus grandes unités, l’obligation vient du droit européen. La directive 2009/20/CE du 23 avril 2009 s’applique « aux navires d’une jauge brute égale ou supérieure à 300 ». Elle écarte les navires de guerre et les navires d’État, pas les navires de plaisance : les grands yachts sont concernés, comme le confirme Service Public. Chaque État membre exige des propriétaires de navires battant son pavillon une assurance, et impose la même obligation aux navires étrangers qui entrent dans ses ports. Cette assurance couvre les créances maritimes soumises à limitation par la convention de 1976 sur la limitation de responsabilité en matière de créances maritimes, dans sa version modifiée par le protocole de 1996, pour un montant égal, par événement, au plafond de responsabilité qu’elle prévoit.

La preuve se trouve à bord : un ou plusieurs certificats délivrés par l’assureur, vérifiés lors des inspections au port. Un navire qui n’en dispose pas peut faire l’objet d’une décision d’expulsion. Service Public cite en référence l’article L5123-1 du Code des transports. Pour la notion de jauge, voyez notre fiche sur la jauge en assurance maritime.

En cas de sinistre

Décrivez dans votre déclaration les circonstances (accident ou vol, lieu, nom des éventuels responsables) et les conséquences, avec une estimation des préjudices, et joignez un maximum de justificatifs : factures, certificat médical, ordonnances. En cas de vol, une plainte doit être déposée auprès de l’autorité compétente, police, gendarmerie ou commissaire de transport notamment, et l’assureur demandera le récépissé. Le délai de déclaration figure au contrat : il ne peut pas être inférieur à cinq jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre, deux jours ouvrés pour un vol. La lettre recommandée avec accusé de réception n’est pas obligatoire, mais elle prouve que vous avez respecté les délais. Notre fiche sur le sinistre détaille la suite : expertise, indemnisation et recours.

Adallom Assurance ne propose pas d’assurance bateau : pour assurer l’embarcation elle-même, adressez-vous à un assureur ou à un courtier spécialisé en plaisance, en posant les questions de cette fiche. Si vous avez une petite embarcation, relisez aussi la responsabilité civile de votre contrat habitation, qui peut parfois la couvrir dans des limites de longueur et de puissance. Pour votre logement, un conseiller d’Adallom Assurance, courtier sans lien d’exclusivité avec un assureur, peut comparer avec vous plusieurs contrats d’assurance habitation : le devis se fait en 2 minutes, et un conseiller vous rappelle dans un délai de 5 minutes à 24 heures.

Questions fréquentes

L’assurance d’un bateau de plaisance est-elle obligatoire ?

Non, en France, sauf pour les navires de plaisance d’une jauge brute égale ou supérieure à 300, principalement les grands yachts. Certains ports ou marinas peuvent toutefois exiger une attestation d’assurance pour attribuer une place, et certains pays, comme l’Italie selon la DGCCRF, imposent une responsabilité civile quelle que soit la nationalité du naviguant.

Mon assurance habitation couvre-t-elle mon bateau ?

Parfois pour la responsabilité civile. La DGCCRF indique qu’elle peut être incluse dans la multirisque habitation, avec des limites portant par exemple sur la longueur du bateau ou la puissance du moteur. Les dommages au bateau lui-même et le vol relèvent des garanties « corps » et vol décrites pour les contrats multirisques plaisance.

Que couvre l’assurance corps d’un bateau ?

Les pertes et avaries du bateau : le remboursement des réparations après une avarie, ou l’indemnisation du bateau perdu ou détruit par un événement extérieur prévu au contrat, comme un incendie, une tempête, un naufrage, un échouement ou une collision. L’indemnité est plafonnée par la valeur d’assurance déclarée à la souscription.

Quel délai pour déclarer le vol d’un bateau ?

Le délai figure au contrat, mais il ne peut pas être inférieur à deux jours ouvrés à compter de la découverte du vol, contre cinq jours ouvrés pour les autres sinistres. Déposez plainte auprès de la police, de la gendarmerie ou d’une autre autorité compétente : l’assureur demandera le récépissé.

Pour aller plus loin

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