Une unité de compte (UC) est un support d’investissement proposé dans un contrat d’assurance vie, à côté du fonds en euros : parts de Sicav ou de FCP, actions, obligations, parts de SCPI ou d’OPCI. L’assureur garantit le nombre d’unités de compte que vous détenez, pas leur valeur, qui monte ou baisse avec les marchés.
Les UC sont la partie du contrat qui peut rapporter davantage que le fonds en euros, et celle où une partie du capital peut être perdue. Avant d’y placer de l’argent, trois questions comptent : ce que vous achetez, ce que cela coûte chaque année, et ce que l’assureur doit vous dire.
Le nombre de parts est garanti, pas leur valeur
« Les sommes que vous versez ne sont pas valorisées en euros dans le contrat, mais en unités de compte », explique Service Public dans sa fiche sur le fonctionnement de l’assurance vie (vérifiée le 25 septembre 2026). Et d’ajouter : « Seul le nombre d’unités de compte est garanti par l’assureur, mais pas leur valeur. »
Exemple : vous détenez 100 parts d’un fonds qui valent 100 € chacune, soit 10 000 €. Si la part descend à 85 €, vous avez toujours 100 parts, mais votre épargne ne vaut plus que 8 500 €. Si elle remonte, votre épargne remonte avec elle. ABE Info Service, la plateforme commune de la Banque de France, de l’ACPR et de l’AMF, en tire la conséquence : « Le risque de perte est donc supporté par l’assuré. »
Ce mécanisme repose sur l’article L131-1 du Code des assurances, cité par l’ACPR dans sa recommandation 2016-R-04 : « le capital ou la rente garantis peuvent être exprimés en unités de compte constituées de valeurs mobilières ou d’actifs offrant une protection suffisante de l’épargne investie ». L’engagement de l’assureur porte sur des parts d’actifs, pas sur un montant en euros.
Que trouve-t-on derrière une unité de compte ?
ABE Info Service cite les actions, les obligations, les parts d’OPC (Sicav ou FCP), les parts de SCPI et « les instruments financiers complexes (fonds structurés, fonds à formule...) ». L’AMF y ajoute les OPCI. Chaque contrat propose sa propre liste de supports : c’est elle qu’il faut examiner, pas seulement le nom du contrat.
| Support | Ce que c’est | À surveiller |
|---|---|---|
| Sicav et FCP (OPC) | Des placements collectifs qui permettent « d’investir dans un portefeuille diversifié en actions, en obligations, etc. » (AMF) | La valeur de la part varie ; les frais de gestion du fonds s’ajoutent à ceux du contrat |
| SCPI et OPCI | Des parts d’immobilier collectif, accessibles dans certains contrats d’assurance vie multisupports | Selon l’AMF, « le capital placé n’est pas garanti » ; elle parle d’un « investissement sur le long terme » |
| Fonds structurés, fonds à formule | Des supports complexes dont le résultat dépend d’une formule de calcul | L’ACPR recommande de les présenter « comme un placement risqué » et d’exposer « clairement les situations dans lesquelles le risque maximal se produit » |
Sources : AMF, pages sur les fonds et Sicav et sur l’immobilier (SCPI et OPCI) ; ACPR, recommandation 2016-R-04.
Pour chaque support, l’assureur doit vous remettre un document d’information clé (DIC) ou, pour certains supports, un document d’information spécifique. Ce document standardisé permet de comparer les produits, et le niveau de risque d’un produit financier y est classé de 1 à 7 (Service Public). Pour une SCPI, que l’AMF présente comme un investissement de long terme, regardez aussi quand votre argent sera disponible : notre fiche sur la liquidité de l’épargne compare les placements.
Fonds en euros ou unités de compte : ce qui change pour vous
Un contrat « multi-supports » permet de répartir vos versements entre le fonds en euros, une ou plusieurs UC et, le cas échéant, un fonds euro-croissance. Les deux supports principaux obéissent à des logiques opposées. Notre fiche sur le fonds en euros détaille le premier.
| Critère | Fonds en euros | Unités de compte |
|---|---|---|
| Garantie | « La valeur des fonds investis est garantie par l’assureur » (Service Public) | Seul le nombre de parts est garanti ; le risque de perte est supporté par l’assuré |
| Placements | Des placements peu risqués, « majoritairement en obligations d’État et d’entreprises » (AMF) | Actions, obligations, OPC, SCPI, OPCI ou fonds structurés, selon la liste du contrat |
| Rendement | Une garantie en capital « en contrepartie d’un rendement très faible » (ABE Info Service) | Le rendement des actifs, à la hausse comme à la baisse |
| Prélèvements sociaux (17,2 %) | Chaque année, lors de l’inscription des intérêts en compte | Lors d’un rachat partiel ou total, pour les UC à capital non garanti |
Source pour les prélèvements sociaux : Notaires de France (page mise à jour le 27 août 2026).
Les deux supports ne vivent pas séparément. Dans une étude de cas publiée en octobre 2024, la Médiation de l’assurance rapporte qu’un assureur majorait de 0 à 1,50 % la participation aux bénéfices de son fonds en euros selon la part d’épargne placée en UC. Le médiateur a jugé l’assureur libre de différencier ses règles d’attribution, « dans le respect des obligations réglementaires ». Si l’on vous propose un tel bonus, faites le calcul : le supplément de rendement sur les euros ne supprime pas le risque pris sur les UC.
Des frais à deux étages
Sur les UC, les frais du contrat s’ajoutent à ceux des supports eux-mêmes. ABE Info Service prévient que ces supports « sont soumis à des frais spécifiques qui peuvent être élevés ». L’AMF en dresse la liste :
- les frais de dossier ou d’adhésion, payés à l’ouverture, non systématiques et parfois négociables ;
- les frais sur versement, proportionnels à chaque versement et négociables ;
- les frais de gestion du contrat, prélevés chaque année, voire plus souvent, « sur le nombre de parts d’UC que vous détenez » ;
- les frais d’arbitrage, sur les sommes transférées d’un support à l’autre ;
- les frais de rachat, « plus rares » ;
- les frais de gestion des OPC, prélevés par la société de gestion du fonds.
Deux garde-fous existent. Selon Service Public, « le montant annuel des frais à l’entrée et sur versement ne peut pas excéder 5 % des primes versées sur l’année », et les établissements qui commercialisent l’assurance vie « doivent afficher les frais de leurs contrats sur leur site internet ». Notre fiche sur les frais de gestion complète ce point.
Exemple chiffré : ce que les frais retirent en un an
Prenons un versement de 10 000 € sur une UC dont la part vaut 100 €. Les frais sont des hypothèses choisies pour l’exemple, pas des tarifs du marché : 2 % sur le versement, puis 1 % par an de frais de gestion prélevés sur le nombre de parts. Après les frais d’entrée, 9 800 € sont investis, soit 98 parts. Un an plus tard, les frais de gestion ont ramené ce nombre à 97,02 parts.
| Valeur de la part après un an | Valeur de votre épargne | Par rapport aux 10 000 € versés |
|---|---|---|
| 110 € (hausse de 10 %) | 10 672,20 € | Gain de 672,20 € |
| 100 € (stable) | 9 702,00 € | Perte de 298,00 € |
| 90 € (baisse de 10 %) | 8 731,80 € | Perte de 1 268,20 € |
Même si la part ne bouge pas, l’épargne perd près de 3 % la première année, et plus de 12 % si la part baisse de 10 %. Ce calcul n’intègre pas les frais de gestion du fonds lui-même. Pour tester vos propres chiffres, l’AMF propose un simulateur de l’impact des frais.
Gestion libre ou gestion pilotée ?
En gestion libre, vous choisissez vos supports et décidez des arbitrages, c’est-à-dire des transferts d’épargne d’un support à l’autre. Chaque arbitrage « doit nécessairement être formalisé par un avenant au contrat que votre assureur doit vous demander de signer », rappelle ABE Info Service.
En gestion pilotée, ou déléguée, vous confiez ces choix à l’assureur, qui s’appuie sur une société de gestion « pour réaliser des arbitrages dans le respect de l’orientation et du profil de risque que vous aurez défini » (ABE Info Service). Ce mode de gestion peut avoir ses propres frais. Service Public décrit trois profils :
| Profil | Supports à faible risque, au minimum | Si l’horizon de placement dépasse 10 ans | Part des versements vers des fonds investis en entreprises non cotées |
|---|---|---|---|
| Prudent | 50 % | 30 % | Pas de minimum indiqué |
| Équilibré | 30 % | 20 % | 4 % au minimum |
| Dynamique | 20 % | 10 % | 8 % au minimum |
Lisez ce tableau à l’envers : un profil dynamique peut placer jusqu’à 80 % de votre épargne hors des supports à faible risque, et jusqu’à 90 % sur un horizon de plus de 10 ans. Les fonds investis en entreprises non cotées en bourse sont ce que l’on appelle le « private equity ». Avant d’accepter un profil, demandez sa composition et ce que coûte ce mode de gestion.
Ce que l’assureur doit vous remettre, puis vous dire chaque année
Avant la signature, l’assureur ou l’intermédiaire doit vous conseiller un contrat « cohérent avec vos exigences et vos besoins », après vous avoir interrogé sur votre situation financière, vos objectifs, vos connaissances et votre expérience en matière financière (ABE Info Service). Vous recevez une note d’information, ou un encadré en première page du projet de contrat, et le DIC des supports. Une fois le contrat signé, vous disposez de 30 jours calendaires pour changer d’avis.
Chaque année, un relevé de situation indique notamment votre épargne et « les frais prélevés au titre de chaque unité de compte ». Pour chaque UC, l’assureur doit donner la performance brute et la performance nette de frais de gestion, le montant de ces frais et la performance finale nette de frais, sur le dernier exercice clos et, depuis le 1er janvier 2025, en moyenne annualisée sur 5 ans. Il indique aussi le pourcentage des rétrocessions qu’il perçoit. L’écart entre performance brute et performance nette, ce sont les frais de gestion.
Le conseil se prouve par écrit : un cas tranché par la Médiation
Dans une étude de cas publiée en août 2022, un épargnant avait placé, sur le conseil d’un courtier, l’intégralité de ses primes sur un support en unités de compte. Son épargne s’étant dégradée, il affirmait qu’on lui avait promis « oralement » un capital garanti à 100 %. Le contrat précisait pourtant « en caractères très apparents » que l’épargne en UC n’était pas garantie, il prévoyait une garantie en capital à hauteur de 45 %, et l’épargnant avait déclaré dans son bilan patrimonial avoir des connaissances en matière financière. Le médiateur a conclu que le courtier n’avait pas manqué à son devoir de conseil.
Retenez-en une règle : c’est ce que vous signez qui fait foi. Relisez le document de conseil et faites confirmer par écrit toute garantie annoncée à l’oral.
Au décès : quel capital pour vos bénéficiaires ?
Au décès de l’assuré, résume l’AMF, « le contrat est clôturé et le ou les bénéficiaires désignés reçoivent le capital acquis ». Sur la part en UC, ce capital dépend donc de la valeur des parts. Il n’est pas toujours égal à l’épargne : parmi les contrats qui combinent épargne et prévoyance, la doctrine fiscale mentionne ceux « dans lesquels le capital en cas de décès est différent de celui en cas de vie » (BOFiP). Si ce point compte pour vous, demandez par écrit ce qui serait versé après une baisse des marchés, si le contrat comporte une garantie complémentaire en cas de décès et ce qu’elle coûte. Le choix des personnes qui recevront le capital relève de la clause bénéficiaire.
Fiscalité : les règles de l’assurance vie
Les UC suivent la fiscalité du contrat. En cas de rachat, seuls les gains contenus dans la somme retirée sont imposés. Pour les versements effectués depuis le 27 septembre 2017, c’est 12,8 % avant 8 ans, puis, après 8 ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule ou de 9 200 € pour un couple et un taux de 7,5 % sur les gains liés à 150 000 € de primes au plus, 12,8 % au-delà, avec dans les deux cas une option pour le barème progressif (Service Public). Les prélèvements sociaux restent de 17,2 % en 2026 pour l’assurance vie, épargnée par la hausse à 18,6 % de la plupart des autres revenus de placement (Service Public, page vérifiée le 30 juin 2026). Notre fiche sur la valeur de rachat détaille le calcul avec un exemple.
Les UC permettent de diversifier une épargne sur les marchés financiers, avec un risque de perte. Si votre objectif est surtout de protéger vos proches, une assurance décès répond à un autre besoin : selon l’AMF, elle verse « un capital au bénéficiaire du contrat si vous veniez à décéder ». Adallom Assurance, courtier sans lien d’exclusivité avec un assureur, compare avec vous plusieurs contrats de prévoyance pour particuliers. Le devis se fait en 2 minutes, et un conseiller vous rappelle dans un délai de 5 minutes à 24 heures. Notre guide sur la garantie décès présente ces contrats.
Questions fréquentes
Peut-on perdre de l’argent sur une unité de compte ?
Oui. L’assureur garantit le nombre d’unités de compte, pas leur valeur, qui varie avec les marchés financiers ou immobiliers. Si la valeur des parts baisse, votre épargne baisse d’autant, et les frais de gestion prélevés sur le nombre de parts s’y ajoutent. Le fonds en euros, lui, bénéficie d’une garantie de sa valeur par l’assureur.
Quelle différence entre le fonds en euros et les unités de compte ?
Sur le fonds en euros, la valeur des sommes investies est garantie par l’assureur, en contrepartie d’un rendement très faible selon ABE Info Service. Sur les UC, seul le nombre de parts est garanti et le risque de perte est supporté par l’assuré. Les prélèvements sociaux sont prélevés chaque année sur le fonds en euros, et lors d’un rachat sur les UC à capital non garanti.
Quels frais s’appliquent aux unités de compte ?
Les frais du contrat (dossier, versement, gestion prélevée sur le nombre de parts, arbitrage, parfois rachat) s’ajoutent aux frais de gestion des fonds, prélevés par la société de gestion. Selon Service Public, les frais à l’entrée et sur versement ne peuvent pas dépasser 5 % des primes versées sur l’année.
Qu’est-ce que la gestion pilotée en assurance vie ?
C’est le fait de confier à l’assureur la répartition de votre épargne entre les supports, selon un profil prudent, équilibré ou dynamique. Selon Service Public, le profil prudent contient au moins 50 % de supports à faible risque, ou 30 % si l’horizon dépasse 10 ans, et les profils équilibré et dynamique orientent au moins 4 % et 8 % des versements vers des fonds investis en entreprises non cotées. Ce mode de gestion peut avoir ses propres frais.
