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Quotité assurée

Quotité assurée

La quotité assurée désigne la proportion du capital emprunté couverte par l’assurance emprunteur pour chaque co-emprunteur. Elle permet de déterminer la part de remboursement prise en charge par l’assureur en cas de décès, d’invalidité ou d’incapacité de travail.

Sur un crédit immobilier à deux, la quotité assurée est la décision technique qui pèse le plus lourd sur le coût final de l'assurance et sur la couverture en cas de coup dur. Choisir 50/50 plutôt que 100/100 peut diviser la cotisation par deux — mais aussi vous laisser à découvert si l'un des deux co-emprunteurs disparaît. Voici comment arbitrer correctement, avec les chiffres et les cas d'usage en 2026.

Définition

La quotité assurée est le pourcentage du capital emprunté qui sera couvert par l'assurance en cas de réalisation d'un sinistre garanti (décès, perte totale et irréversible d'autonomie, invalidité, incapacité). Elle s'exprime en pourcentage et se note "X/Y" pour deux co-emprunteurs : "60/40", "100/100", "50/50".

La somme des quotités doit être au minimum de 100 % pour que le prêt soit couvert intégralement. Elle peut atteindre 200 % si chaque co-emprunteur est couvert à 100 % — c'est l'option la plus protectrice mais la plus chère.

Les configurations courantes

50/50 — la plus économique

Chaque co-emprunteur est assuré à hauteur de 50 % du capital emprunté. Si l'un décède, l'assurance rembourse 50 % du capital restant dû. L'autre continue de payer les 50 % restants. Total cumulé : 100 %.

Avantages : cotisation la plus basse. Inconvénient : en cas de sinistre, le survivant garde 50 % du remboursement à sa charge. À éviter quand un seul des deux supporte l'essentiel des revenus du foyer.

100/100 — la plus protectrice

Chaque co-emprunteur est assuré à 100 % du capital. Si l'un décède, l'assurance rembourse la totalité du capital restant dû. Le survivant n'a plus rien à payer. Total cumulé : 200 %.

Avantages : sécurité maximale, le survivant reste propriétaire libre. Inconvénient : cotisation environ 2 fois supérieure au 50/50.

70/30 ou 60/40 — l'arbitrage proportionnel

Privilégie le co-emprunteur qui supporte le plus de revenus dans le foyer. Si l'un gagne 70 % du revenu cumulé, on l'assure à 70 %. Logique économique implacable, mais qui suppose que le co-emprunteur "moins assuré" pourrait absorber 30 % du remboursement seul.

100/50 — sécurisation asymétrique

Configuration adaptée quand l'un des deux est plus vulnérable (âge, profession à risque, revenus moins élevés). Le total est de 150 %, donc surcoût modéré pour une protection nettement supérieure côté plus exposé.

Comment se calcule la cotisation selon la quotité

La cotisation est proportionnelle à la quotité, et calculée sur le capital initial (taux fixe) ou sur le capital restant dû (taux dégressif). Pour un emprunt de 250 000 €, sur 25 ans, deux co-emprunteurs de 35 ans, taux 0,12 % du capital initial :

  • 50/50 : 0,12 % × 250 000 × 0,50 + 0,12 % × 250 000 × 0,50 = 300 € par an, soit 25 €/mois.
  • 100/100 : 0,12 % × 250 000 × 1 + 0,12 % × 250 000 × 1 = 600 € par an, soit 50 €/mois.
  • 70/30 : 0,12 % × 250 000 × 0,70 + 0,12 % × 250 000 × 0,30 = 300 € par an, soit 25 €/mois (équivalent 50/50 en prix, plus protecteur côté principal).

Sur la durée totale du prêt (25 ans), l'écart entre 50/50 et 100/100 atteint 7 500 € de cotisations cumulées. La question devient : est-ce que ce surcoût se justifie face au risque ?

L'impact de la loi Lemoine sur la quotité

Depuis la loi du 28 février 2022, l'assuré peut changer d'assurance emprunteur à tout moment, à condition que les garanties soient au moins équivalentes. Concernant la quotité, deux conséquences :

  • Vous pouvez résilier votre assurance en cours de prêt et choisir un nouveau contrat avec une quotité différente, par exemple passer de 100/100 à 50/50 si votre situation a évolué (capital restant dû réduit, revenus stabilisés).
  • Le nouveau contrat doit reprendre les garanties exigées par la banque dans sa fiche standardisée d'information (FSI). La banque ne peut pas vous imposer une quotité supérieure à celle qu'elle exigeait initialement.

Comment arbitrer selon le profil

Couple primo-accédant, 30-35 ans, deux salaires équivalents

Quotité recommandée : 100/100. Le surcoût est limité à cet âge (taux d'assurance bas), et la protection vaut largement la dépense en cas de drame.

Couple 40-50 ans, écart de revenus important

Quotité recommandée : 100/50 ou 70/30. Sécuriser le revenu principal en priorité.

Achat locatif

Quotité 50/50 ou même 50/0 sur certains contrats. Le bien étant destiné à générer des loyers, les héritiers peuvent vendre ou continuer la location pour rembourser.

Senior, prêt de courte durée

Quotité 50/50 si la durée résiduelle est courte (5-10 ans), car le risque actuariel est concentré et la cotisation 100/100 explose à ces âges.

Trois cas concrets

Cas 1 — Couple 38 ans, prêt 300 000 €, choix 100/100

Cotisation 70 €/mois. Décès de Madame à 51 ans. Capital restant dû : 180 000 €. Assurance rembourse 100 % = 180 000 €. Monsieur reste propriétaire libre, sans crédit. Sur 13 ans de cotisation : 10 920 € versés, indemnité 180 000 €. Ratio 16,5x.

Cas 2 — Même couple en 50/50

Cotisation 35 €/mois. Décès de Madame à 51 ans. Capital restant dû : 180 000 €. Assurance rembourse 50 % = 90 000 €. Monsieur doit continuer à rembourser 90 000 € sur les années restantes, soit ≈ 800 €/mois pendant 12 ans. Sur 13 ans de cotisation : 5 460 € économisés, mais 96 000 € à rembourser après le décès.

Cas 3 — Couple senior 60 ans, prêt résiduel 80 000 € sur 7 ans

Cotisation 100/100 = 95 €/mois. Cotisation 50/50 = 47 €/mois. Si l'un décède, le survivant peut rembourser 50 % de 80 000 € avec son épargne ou la revente du bien. Choix 50/50 raisonnable. Économie totale : 4 000 € sur la durée résiduelle.

Le conseil du courtier Adallom

La règle simple, qu'on retrouve sur 90 % des dossiers que nous traitons : privilégier la sécurité tant que les enfants sont à charge (100/100 ou 100/50), basculer vers une quotité plus économique quand les enfants partent et que le capital restant dû devient gérable. Et profitez de la loi Lemoine : l'assurance souscrite en 2022 n'a pas à rester figée jusqu'en 2047. Re-shoppez votre assurance tous les 3-5 ans, en ajustant aussi la quotité à votre situation. Sur la durée d'un prêt classique, c'est en moyenne 8 000 à 15 000 € d'économie cumulée pour une couverture identique.

Questions fréquentes

Puis-je changer la quotité en cours de prêt ?

Oui, soit en changeant d'assurance via la loi Lemoine, soit (plus rarement) en obtenant un avenant auprès de votre assureur actuel. Dans les deux cas, vérifiez l'équivalence des garanties avec la FSI banque.

La quotité est-elle obligatoirement la même sur toutes les garanties ?

Pas forcément. Certains contrats permettent une quotité différente selon la garantie : 100/100 sur le décès et 50/50 sur l'incapacité, par exemple. À étudier au cas par cas.

Que se passe-t-il si la quotité totale est inférieure à 100 % ?

La banque refusera le prêt. Le minimum imposé est toujours de 100 % cumulé. C'est même souvent un minimum de 200 % qui est demandé pour les prêts importants ou les profils à risque.

L'assurance prend-elle en charge les intérêts en cas de sinistre ?

Oui, l'indemnité couvre le capital restant dû ET les intérêts non encore capitalisés au moment du sinistre, dans la limite de la quotité.

Pour aller plus loin

Optimisation de votre assurance emprunteur en 5 minutes : conseiller au 01 89 74 41 49.

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