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Lutte contre la fraude

Lutte contre la fraude

La fraude à l’assurance représente un coût considérable pour le secteur et, indirectement, pour tous les assurés à travers la hausse des cotisations.La lutte contre la fraude regroupe l’ensemble des dispositifs juridiques, technologiques et organisationnels visant à détecter, prévenir et sanctionner les tentatives de fraude, qu’elles soient le fait d’assurés, d’intermédiaires ou de prestataires.

Déclarer un vol qui n'a pas eu lieu, exagérer la valeur des biens dérobés, simuler un accident, omettre une pathologie au questionnaire de santé. Ces fraudes coûtent à l'assurance française environ 2,5 milliards d'euros par an — et sont sévèrement réprimées. Comprendre les sanctions encourues n'est pas seulement utile pour les fraudeurs ; c'est aussi essentiel pour les assurés honnêtes qui peuvent être victimes d'accusations injustifiées.

Définition

La fraude à l'assurance désigne tout acte intentionnel destiné à obtenir indûment une indemnisation, à éviter une majoration de prime, à dissimuler une aggravation de risque ou à tromper l'assureur sur des éléments essentiels du contrat.

Elle est sanctionnée par :

  • L'article L.113-8 du Code des assurances : nullité du contrat pour fausse déclaration intentionnelle.
  • L'article 313-1 du Code pénal : escroquerie punie de 5 ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende.
  • L'article 441-1 du Code pénal : faux et usage de faux (3 ans, 45 000 €).

Les types de fraude

Fraude à la souscription

  • Omettre des sinistres antérieurs.
  • Mentir sur l'état de santé (questionnaire santé).
  • Sous-déclarer le chiffre d'affaires (RC Pro).
  • Cacher une activité dangereuse.
  • Sous-évaluer délibérément un bien.

Fraude au sinistre

  • Sinistre fictif (vol simulé, accident inventé).
  • Exagération du préjudice (valeur des biens dérobés gonflée).
  • Inclusion de biens non assurés ou n'appartenant pas au foyer.
  • Réutilisation d'un sinistre antérieur.
  • Faux certificats médicaux ou attestations.

Fraude par omission

  • Ne pas déclarer une aggravation du risque.
  • Ne pas signaler un changement d'usage du bien.
  • Cacher une nouvelle activité.

Les sanctions civiles

Nullité du contrat (article L.113-8)

La sanction la plus grave. Le contrat est annulé rétroactivement :

  • L'assureur conserve toutes les primes versées.
  • Aucune indemnisation, même pour les sinistres antérieurs.
  • Inscription au fichier AGIRA (centralisé).

Réduction proportionnelle (article L.113-9)

Pour omission non intentionnelle : indemnité réduite selon la formule :

Indemnité réduite = Indemnité due × (Prime payée / Prime théorique)

Déchéance pour fausse déclaration au sinistre

Refus d'indemnisation pour le sinistre concerné, voire résiliation du contrat.

Les sanctions pénales

Les sanctions pénales
InfractionArticle CPPeines maximales
Escroquerie313-15 ans + 375 000 €
Tentative d'escroquerie313-35 ans + 375 000 €
Faux et usage de faux441-13 ans + 45 000 €
Escroquerie en bande organisée313-210 ans + 1 M€
Faux témoignage434-135 ans + 75 000 €

Les juges prononcent rarement les peines maximales, mais les peines courantes incluent : sursis avec mise à l'épreuve, amende 5 000-25 000 €, inscription au casier judiciaire B2, et bien sûr restitution des sommes obtenues frauduleusement.

Comment l'assureur détecte la fraude

Le fichier AGIRA

Centralise tous les sinistres déclarés. À chaque nouvelle déclaration, l'assureur croise avec ce fichier. Une déclaration similaire sur un autre contrat = drapeau rouge.

L'analyse des incohérences

  • Sinistres répétés.
  • Valeur déclarée incohérente avec le profil.
  • Dépôt de plainte tardif.
  • Manque de preuves.
  • Témoignages contradictoires.

Les enquêteurs

Pour les sinistres importants (>20 000 €), enquête diligentée par cabinet spécialisé : interview de témoins, visite des lieux, vérification des factures.

L'expertise médicale

Pour les sinistres corporels, examen médical obligatoire. Détection des incohérences entre symptômes décrits et réalité clinique.

L'intelligence artificielle

Algorithmes de détection des patterns suspects (timing, géolocalisation, motifs de phrase). Utilisé par tous les grands assureurs.

Trois cas pratiques

Cas 1 — Vol simulé démasqué

Assuré déclare un vol de matériel pro 28 000 €. AGIRA révèle un sinistre similaire 3 mois plus tôt chez un autre assureur. Vérification factures : achats datant de 6 ans, valeur réelle 8 000 €. Plainte pénale + nullité contrat. Condamnation : 18 mois sursis + amende 12 000 € + restitution.

Cas 2 — Omission CA RC Pro

Consultant déclare CA 30 000 € à la souscription pour minorer la prime. CA réel 95 000 €. Sinistre client. L'assureur récupère les liasses URSSAF. Application L.113-8 : nullité. Aucune indemnisation, primes 1 800 € conservées par l'assureur, préjudice 50 000 € à la charge du consultant.

Cas 3 — Réduction proportionnelle (omission de bonne foi)

Assuré omet de déclarer une activité secondaire (location saisonnière) à sa MRH. Sinistre maison. L'assureur invoque article L.113-9 (omission non intentionnelle). Réduction proportionnelle : indemnité 18 000 € × (prime payée 320 / prime théorique 480) = 12 000 €. Perte 6 000 € pour défaut d'information, mais pas de sanction pénale.

Le conseil du courtier Adallom

Quatre principes pour rester du bon côté de la barrière. Un : à la souscription, déclarez tout. Une omission de bonne foi entraîne une réduction (souvent 30-50 %), une omission intentionnelle entraîne la nullité totale. La sur-déclaration est toujours moins coûteuse que la sous-déclaration. Deux : si vous découvrez une omission après la souscription, régularisez par lettre recommandée. La régularisation spontanée est presque toujours interprétée comme un gage de bonne foi. Trois : conservez tous les justificatifs (factures, photos, attestations). En cas de sinistre légitime, c'est votre meilleure preuve. Sans elle, l'assureur peut suspecter la fraude. Quatre : si vous êtes accusé à tort de fraude, ne signez rien. Demandez les motivations écrites, conservez les correspondances, saisissez le médiateur ou un avocat.

Le fichier AGIRA et vos droits

L'AGIRA conserve les déclarations de sinistre 5 ans. Vous avez le droit de :

  • Accéder à votre fiche (gratuit, sur demande).
  • Faire rectifier les erreurs.
  • Faire effacer après le délai de prescription.

Démarche : agira.asso.fr ou courrier postal. Réponse 1-3 mois.

Questions fréquentes

L'assureur peut-il refuser pour fraude présumée sans preuve ?

Non. La charge de la preuve incombe à l'assureur. Sans preuves matérielles ou faisceau d'indices solide, le refus est attaquable.

Que se passe-t-il pour les autres contrats si je suis condamné pour fraude ?

Inscription au fichier AGIRA. Tous les autres assureurs peuvent refuser de vous assurer ou appliquer des surprimes lourdes. Très handicapant pour souscrire des contrats futurs.

Une plainte pour fraude entraîne-t-elle systématiquement la condamnation ?

Non. La plainte est le début d'une procédure. Le parquet décide ensuite des suites. Beaucoup de plaintes sont classées sans suite par manque de preuves.

Le médiateur peut-il intervenir sur une accusation de fraude ?

Oui, sur la légalité de la procédure. Il ne tranche pas la culpabilité (ce qui relève du juge pénal) mais évalue si l'assureur a respecté les règles d'instruction.

Pour aller plus loin

Se défendre face à une accusation de fraude : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.

N’attendez plus.
Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !