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Xylophages (insectes)

Xylophages (insectes)

Les insectes xylophages, comme les termites, le capricorne des maisons ou les vrillettes, se nourrissent du bois et peuvent fragiliser un bâtiment.

Les insectes xylophages sont des insectes qui se nourrissent de bois. Dans une maison, les termites, le capricorne des maisons et les vrillettes peuvent dégrader le bois jusqu’à menacer, dans les cas extrêmes, la solidité du bâti. Les termites font l’objet d’obligations légales précises : déclaration en mairie, zones fixées par arrêté préfectoral, diagnostic lors d’une vente dans ces zones.

Le mot recouvre des animaux très différents, et la loi ne les traite pas de la même façon. Les termites, dont les espèces souterraines vivent en colonies dans le sol et essaiment pour conquérir de nouveaux territoires, sont soumis à un régime strict. Les capricornes et les vrillettes relèvent surtout des règles de construction. Quant à la mérule, souvent citée avec eux, ce n’est pas un insecte mais un champignon.

Termites, capricornes, vrillettes : qui sont-ils ?

Les termites souterrains sont les plus redoutés. Selon l’Observatoire national termites, édité par l’institut technologique FCBA, cinq espèces du genre Reticulitermes vivent en France métropolitaine et s’attaquent aux bois des bâtiments. Leurs colonies, diffuses dans le sol, ne se développent qu’en présence d’eau. Leur aliment préféré est le bois mort, mais tout matériau qui contient de la cellulose peut y passer. Dans les départements du pourtour méditerranéen vit aussi Kalotermes flavicollis, dit termite à cou jaune : sa présence dans les bâtiments est anecdotique et ses dégâts pèsent peu, comparés à ceux des termites souterrains. Dans les départements d’outre-mer, situés sous les tropiques, la diversité des termites est plus importante, souligne l’Observatoire.

Les indices d’une colonie de termites souterrains, d’après le même observatoire : un essaimage dans la maison ou à proximité, à la fin de l’hiver ou au printemps ; des galeries-tunnels, ou cordonnets, faites de terre, d’excréments et de salive, qui courent sur les murs, le bois ou le sol ; un bois qui prend un aspect feuilleté ; de petits trous dans les revêtements muraux, rebouchés avec de la terre.

Le capricorne des maisons (Hylotrupes bajulus) et les vrillettes, dont la petite vrillette (Anobium punctatum) et la grande vrillette (Xestobium rufovillosum), sont des coléoptères, d’après le référentiel TAXREF du Muséum national d’Histoire naturelle. Chez eux, ce sont les larves qui se nourrissent du bois : la réglementation les désigne comme des « insectes à larves xylophages ».

La mérule, enfin, est un champignon. Elle s’attaque aux bois, charpentes et boiseries des maisons humides et mal aérées, explique le ministère de la Transition écologique. Ses spores sont présentes sur tout le territoire : ce sont l’humidité et la température qui décident de son développement, de proche en proche à partir d’un premier foyer.

Insectes xylophages et mérule : ce que prévoit la réglementation
OrganismeCe que c’estObligations légales
Termites souterrainsInsectes vivant en colonies dans le sol, cinq espèces du genre Reticulitermes en France métropolitaineDéclaration en mairie, zones délimitées par arrêté préfectoral, diagnostic à la vente en zone délimitée, protection des constructions neuves en zone
Termite à cou jauneKalotermes flavicollis, surtout dans les départements du pourtour méditerranéen, présence anecdotique dans les bâtimentsLes textes visent les termites sans distinguer les espèces : déclaration en mairie, zones, diagnostic de vente
Capricorne des maisonsColéoptère (Hylotrupes bajulus) dont la larve se nourrit du boisNi déclaration ni diagnostic de vente. Bois participant à la solidité du bâtiment protégés dans les constructions (permis déposés depuis le 1er novembre 2006) et les travaux engagés depuis cette date
Vrillettes (petite et grande)Coléoptères (Anobium punctatum, Xestobium rufovillosum) dont la larve se nourrit du boisComme le capricorne
MéruleChampignon, pas un insecte, favorisé par l’humiditéDéclaration en mairie, zones délimitées par arrêté préfectoral, information de l’acquéreur à la vente

Vous découvrez des termites : ce que la loi vous impose

La première démarche est administrative. Dès que vous constatez la présence de termites, vous devez la déclarer à la mairie dans le mois qui suit, à l’aide d’un formulaire daté et signé qui indique votre identité, le logement concerné et les indices observés. L’envoi se fait par lettre recommandée avec avis de réception ou par dépôt en mairie contre récépissé. Locataire, vous prévenez d’abord votre propriétaire, par tout moyen. Dans les parties communes d’une copropriété, vous informez le syndic, et c’est le syndicat des copropriétaires qui déclare. Service Public détaille ces étapes dans sa fiche termites dans l’habitat.

Exemple : des termites repérés le 3 mars 2026 doivent être déclarés au plus tard le 3 avril 2026.

À partir des foyers identifiés, le préfet délimite par arrêté, sur proposition ou après consultation des conseils municipaux, les zones infestées ou susceptibles de l’être à court terme. L’arrêté est affiché pendant trois mois dans les mairies concernées. Pour savoir si votre commune est classée, Service Public renvoie vers la carte de l’Observatoire national termites. La mairie ou la préfecture peuvent aussi vous renseigner.

Dans les secteurs délimités par le conseil municipal, le maire peut aller plus loin. Il peut ordonner aux propriétaires de faire rechercher les termites dans les six mois, puis de faire réaliser les travaux d’éradication dans le délai qu’il fixe, par une entreprise différente de celle qui a établi le diagnostic. Une attestation de fin de travaux est ensuite adressée à la mairie. Si le propriétaire ne fait rien malgré une mise en demeure, le maire peut, avec l’autorisation du président du tribunal judiciaire, faire exécuter les recherches et les travaux d’office : la commune avance les frais, puis les réclame au propriétaire.

En cas de démolition, même partielle, d’un bâtiment situé dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, les bois et matériaux contaminés doivent être incinérés sur place. Si c’est impossible, ils sont traités avant tout transport, pour éviter de disperser les termites. Ces opérations font ensuite l’objet d’une déclaration en mairie, dans le mois qui suit, par la personne qui en a la charge.

Termites : obligations et sanctions
SituationObligationSanction ou conséquence
Termites constatésDéclaration en mairie dans le moisAmende de 450 €
Injonction du maireRecherche de termites dans les six mois, puis travaux dans le délai fixéAmende de 1 500 € si le diagnostic n’est pas réalisé (7 500 € pour une personne morale), travaux d’office aux frais du propriétaire
Démolition en zone délimitéeIncinération sur place des bois contaminés ou, à défaut, traitement avant transport, puis déclaration en mairie dans le moisAmende de 1 500 € (7 500 € pour une personne morale)
Vente en zone délimitéeÉtat relatif à la présence de termites de moins de 6 mois, établi par un diagnostiqueur certifiéSans état en cours de validité, pas d’exonération possible de la garantie des vices cachés. Amende de 1 500 € en cas de recours à un diagnostiqueur non certifié (3 000 € en récidive)

Capricornes et vrillettes : pas de déclaration, mais des règles de construction

Rien de tel pour les capricornes et les vrillettes : ni déclaration en mairie, ni zone préfectorale, ni diagnostic parmi ceux que le vendeur doit fournir. La seule règle qui les vise concerne la construction. Pour les bâtiments dont le permis de construire a été déposé à partir du 1er novembre 2006, comme pour les autres travaux d’aménagement ou de construction engagés depuis cette date, les bois et matériaux à base de bois qui participent à la solidité de l’ouvrage doivent être protégés contre les insectes à larves xylophages. Cette protection peut tenir à la résistance naturelle du bois ou être apportée par des produits ou des techniques de préservation.

Dans une maison plus ancienne, c’est à vous d’être vigilant. Avant d’acheter, rien ne vous empêche de faire examiner la charpente et les planchers par un professionnel, même hors zone termites.

Acheter ou vendre en zone termites

Dans une zone délimitée par arrêté préfectoral, le vendeur d’une maison individuelle ou des parties privatives d’un lot de copropriété doit fournir un état relatif à la présence de termites. Ce diagnostic, valable 6 mois au maximum, fait partie du dossier de diagnostic technique et il est annexé à la promesse de vente ou, à défaut, à l’acte authentique, selon la fiche de Service Public sur le diagnostic termites (vérifiée le 26 février 2026). Il indique les parties visitées et celles qui n’ont pas pu l’être, les éléments infestés et ceux qui ne le sont pas.

Exemple : un état établi le 10 février 2026 reste valable jusqu’au 10 août 2026. Si la promesse ou l’acte de vente est signé après cette date, le diagnostic doit être refait.

Le diagnostiqueur doit être certifié. Vérifiez-le dans l’annuaire officiel des diagnostiqueurs, ainsi que son assurance de responsabilité civile professionnelle, comme le recommande Service Public.

La présence de termites n’interdit pas de vendre, mais l’acheteur doit en être informé avant de s’engager. Le diagnostic protège aussi le vendeur : pour pouvoir s’exonérer de la garantie des vices cachés, il doit fournir cet état, rappelle le ministère de la Transition écologique. Sans diagnostic en cours de validité, sa responsabilité est engagée et, si des termites qui n’étaient pas visibles lors de la vente se révèlent ensuite, l’acheteur pourra recourir à cette garantie, prévient Service Public. Pour la mérule, il n’existe pas de diagnostic obligatoire : dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, le vendeur informe l’acquéreur du risque. En 2020, le Gouvernement a écarté l’idée d’un diagnostic mérule, jugeant le dossier de diagnostic technique « déjà très complet », dans une réponse à une question écrite.

Maison de moins de dix ans : pensez à la garantie décennale

Pour les permis de construire déposés à compter du 1er novembre 2007, dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, les constructions neuves doivent aussi être protégées contre les termites souterrains à la jonction entre le sol et le bâtiment : barrière physique, barrière physico-chimique ou, en métropole, dispositif de construction contrôlable. Le constructeur remet au maître d’ouvrage, au plus tard à la réception des travaux, une notice technique qui décrit les protections mises en œuvre contre les termites et les autres insectes xylophages.

Conservez cette notice avec le procès-verbal de réception. Si une attaque menace la solidité d’une maison de moins de dix ans, voyez si la garantie décennale des constructeurs peut jouer : pendant dix ans à compter de la réception, elle couvre les dommages qui menacent la solidité de la construction ou la rendent impropre à sa destination (Service Public). L’assurance dommages-ouvrage, que le maître d’ouvrage doit souscrire, finance les réparations qui relèvent de la décennale sans rechercher d’abord les responsabilités. Rien n’est automatique pour autant : c’est l’examen du dossier, notice à l’appui, qui dira si ces garanties s’appliquent. Notre guide sur la réception de travaux et les garanties légales explique ces recours.

Et votre assurance habitation ?

Aucune réponse générale ne vaut ici : tout dépend de votre contrat. Chaque contrat de multirisque habitation définit les événements qu’il garantit, par exemple l’incendie, le dégât des eaux, la tempête ou le vol, et sa propre liste d’exclusions de garantie. Avant de déclarer un sinistre, cherchez dans vos conditions générales les mots insectes, termites ou champignons, et lisez les garanties comme les exclusions. En cas de doute, posez la question par écrit à votre assureur.

Une piste à écarter : la garantie catastrophe naturelle. Elle indemnise les dommages causés par un phénomène naturel d’intensité anormale, comme une inondation ou une sécheresse, reconnu par un arrêté interministériel publié au Journal officiel (Service Public). Une attaque d’insectes, qui progresse sur des mois ou des années, ne correspond pas à ce schéma. Les insectes ne figurent d’ailleurs pas parmi les périls couverts par ce régime, que liste la Caisse centrale de réassurance : sécheresse, inondations, submersions marines, mouvements de terrain, séismes, tsunamis, volcanisme, avalanches et cyclones.

Deux réflexes restent utiles. Locataire, prévenez votre propriétaire sans attendre : lorsque le maire ordonne des travaux d’éradication, c’est au propriétaire ou au syndic de les faire réaliser. Et si le logement reste souvent fermé, résidence secondaire ou habitation vacante, faites-le visiter régulièrement : une infestation passe facilement inaperçue quand personne n’est là pour voir les indices.

Faire traiter : à qui s’adresser ?

Les traitements contre les termites sont techniques. Les barrières insecticides protègent le bâtiment pendant plusieurs années, mais n’éliminent pas la colonie, qui peut continuer à prospecter aux alentours. Les pièges-appâts visent, eux, à éliminer la colonie. L’Observatoire national termites recommande de confier ces traitements à des entreprises spécialisées, en particulier celles certifiées par le FCBA, puis de surveiller le bâtiment pour réagir vite en cas de nouvelle attaque. Service Public prévient qu’un traitement n’éradique pas toujours les termites définitivement et qu’il faut parfois le renouveler. Quand le maire a ordonné les travaux, l’entreprise qui traite doit être différente de celle qui a établi le diagnostic.

Pour les capricornes et les vrillettes, faites d’abord identifier l’insecte par un professionnel avant de choisir un traitement, et gardez les factures et rapports : ils serviront si vous vendez un jour.

Un regard extérieur sur votre contrat

Vous achetez dans une commune classée en zone termites, ou vous voulez savoir ce que votre contrat prévoit face aux insectes et aux champignons ? Un conseiller d’Adallom Assurance peut relire vos garanties avec vous, puis les comparer avec une assurance habitation adaptée à votre logement. Adallom est un courtier immatriculé à l’ORIAS sous le n° 11061659, qui intervient dans toute la France, DROM compris.

Questions fréquentes

Les dégâts de termites sont-ils couverts par l’assurance habitation ?

Cela dépend entièrement du contrat. Chaque multirisque habitation définit les événements qu’elle garantit, comme l’incendie, le dégât des eaux ou la tempête, et sa propre liste d’exclusions. Lisez les garanties et les exclusions de vos conditions générales, et interrogez votre assureur par écrit. La garantie catastrophe naturelle, elle, ne joue pas : les insectes ne figurent pas parmi les périls couverts par ce régime.

Combien de temps le diagnostic termites est-il valable ?

Six mois au maximum : s’il est plus ancien à la signature de la promesse ou de l’acte de vente, il doit être refait. Il n’est obligatoire que pour vendre une maison ou les parties privatives d’un lot de copropriété situés dans une zone délimitée par arrêté préfectoral. Il fait partie du dossier de diagnostic technique et doit être établi par un diagnostiqueur certifié.

Que faire si l’on trouve des termites chez soi ?

Déclarez-les à la mairie dans le mois, par lettre recommandée avec avis de réception ou par dépôt contre récépissé, à l’aide d’un formulaire. Un locataire prévient d’abord son propriétaire. L’absence de déclaration peut être punie d’une amende de 450 €. Faites ensuite intervenir une entreprise spécialisée pour le traitement.

Faut-il déclarer le capricorne des maisons en mairie ?

Non. La déclaration en mairie concerne les termites et la mérule. Le capricorne et les vrillettes ne font l’objet ni de déclaration ni de diagnostic obligatoire à la vente. La seule règle qui les vise concerne la construction : pour les permis déposés et les travaux engagés depuis le 1er novembre 2006, les bois qui participent à la solidité du bâtiment doivent être protégés contre ces insectes.

La mérule est-elle un insecte xylophage ?

Non, c’est un champignon qui se développe dans les bois des maisons humides et mal aérées. Elle suit pourtant des règles proches de celles des termites : déclaration en mairie par l’occupant ou le propriétaire, zones délimitées par arrêté préfectoral et information de l’acquéreur lors d’une vente dans ces zones.

Pour aller plus loin

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