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Encadrement des loyers

Encadrement des loyers

L’encadrement des loyers est un dispositif réglementaire mis en place par l’État français pour limiter le montant que les propriétaires peuvent demander à leurs locataires dans certaines zones où la pression locative est forte.

Vous louez ou cherchez à louer dans une grande ville française. Le loyer demandé peut-il être ce que veut le bailleur, ou existe-t-il une limite ? Depuis 2019, plusieurs métropoles ont activé l'encadrement des loyers — un dispositif qui plafonne le loyer maximum selon la localisation, la surface et l'ancienneté du logement. Voici comment il fonctionne et ce qu'il implique pour locataires et bailleurs.

Définition

L'encadrement des loyers est un dispositif réglementaire qui fixe une limite maximale au loyer qu'un bailleur peut demander dans certaines zones « tendues » du territoire français. Il a été instauré par la loi ALUR de 2014, suspendu en 2017, puis réactivé sur certaines métropoles depuis 2019.

Cadre légal : article 17 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi ELAN de 2018 et le décret du 7 août 2024.

Les zones concernées en 2026

Métropoles ayant activé l'encadrement :

  • Paris : depuis juillet 2019.
  • Lille (et 4 communes voisines) : depuis mars 2020.
  • Plaine Commune (Saint-Denis, Pierrefitte, etc.) : depuis juin 2021.
  • Est Ensemble (Bagnolet, Bobigny, etc.) : depuis décembre 2021.
  • Lyon et Villeurbanne : depuis novembre 2021.
  • Bordeaux : depuis juillet 2022.
  • Montpellier : depuis juillet 2022.

D'autres métropoles peuvent rejoindre le dispositif (Marseille, Toulouse, Nice à l'étude). Vérifiez votre situation locale.

Le calcul du loyer maximum

Trois éléments combinés :

1. Loyer de référence

Loyer médian de la zone, déterminé par observation du marché. Calculé chaque année par l'OLAP (Observatoire des Loyers de l'Agglomération Parisienne) ou les observatoires locaux.

2. Loyer de référence majoré

Loyer médian + 20 %. C'est le plafond au-delà duquel le bailleur ne peut pas aller.

3. Caractéristiques du logement

Plusieurs critères :

  • Surface (m²).
  • Type (T1, T2, T3...).
  • Année de construction.
  • Type de location (vide ou meublée).
  • Quartier (par arrondissement à Paris).

Exemple : T2 35 m² à Paris 11ème, ancien : loyer max 1 050 € (vide) ou 1 280 € (meublé).

Le complément de loyer

Le bailleur peut demander un complément de loyer au-dessus du plafond, à condition que le logement présente des caractéristiques exceptionnelles :

  • Vue exceptionnelle.
  • Espaces privatifs spéciaux (terrasse, balcon, jardin, cave, parking).
  • Niveau de prestations supérieur à la moyenne (parquet ancien, cheminée d'époque).
  • Hauteur sous plafond exceptionnelle.

Ce complément doit être justifié par écrit dans le bail. Sans justification claire, il est contestable.

Les obligations du bailleur

Pour les logements situés en zone d'encadrement :

  • Mention obligatoire dans l'annonce du loyer de référence.
  • Mention dans le bail du loyer de référence et du complément éventuel.
  • Justification écrite du complément de loyer.
  • Respect du plafond à chaque renouvellement.

Sans ces mentions, le locataire peut contester.

Trois cas pratiques

Cas 1 — Loyer trop élevé Paris

T2 32 m² à Paris 18e, loyer demandé 1 350 €/mois. Loyer de référence majoré pour ce profil : 1 050 €. Dépassement 300 €. Locataire conteste : réduction obligatoire du loyer + remboursement du trop-perçu sur 24 mois (7 200 €). Le bailleur ne peut pas refuser.

Cas 2 — Complément de loyer justifié

Studio 25 m² Paris 6e avec terrasse 30 m² vue tour Eiffel. Loyer max 1 200 €, mais complément 350 € pour la terrasse exceptionnelle, justifié par photos et descriptif. Loyer total 1 550 € validé en cas de contestation. Le bailleur a documenté le complément.

Cas 3 — Bail sans mention du loyer de référence

Bail signé Lyon 2024, sans mention loyer de référence. Bail régulier mais le locataire peut demander la régularisation. Loyer effectif demandé 870 € pour T2 30 m² (max 720 €). Réduction obligatoire après notification, remboursement 1 800 € sur 12 mois.

Les démarches en cas de dépassement

Procédure étape par étape :

  1. Vérifier le loyer de référence sur le site de l'observatoire local (Drihl à Paris, ADIL ailleurs).
  2. Notification écrite au bailleur avec demande de mise en conformité.
  3. Saisine de la Commission départementale de conciliation (CDC) en cas de refus du bailleur. Procédure gratuite.
  4. Saisine du tribunal judiciaire si CDC ne tranche pas. Procédure plus formelle.

Délai pour agir : tant que le bail est en cours.

Les sanctions

Pour le bailleur en cas de non-respect :

  • Amende administrative : 5 000 € (personne physique), 15 000 € (personne morale), portée à 30 000 € en cas de récidive.
  • Remboursement du trop-perçu rétroactif, jusqu'à 3 ans.
  • Réduction obligatoire du loyer aux nouvelles échéances.

Le conseil du courtier Adallom

Trois recommandations selon votre situation. Pour les locataires : avant de signer, vérifiez le loyer de référence sur le site de l'observatoire local. Si dépassement non justifié, négociez ou cherchez ailleurs. C'est désormais simple et rapide. Pour les bailleurs : conformez-vous au dispositif. Les contrôles deviennent fréquents et les amendes lourdes. Un complément de loyer doit être documenté avec photos et descriptif. Pour l'assurance habitation : que vous soyez locataire ou bailleur, prévoyez une protection juridique qui peut financer les démarches en cas de litige sur le loyer (CDC, tribunal). Coût modeste, gain potentiel important.

Questions fréquentes

L'encadrement s'applique-t-il aux meublés ?

Oui, avec un plafond spécifique majoré (les loyers meublés sont historiquement plus élevés). Mêmes règles de transparence et de contrôle.

Que se passe-t-il en cas de bail signé avant l'entrée en vigueur ?

L'encadrement s'applique au renouvellement (3 ans pour vide, 1 an pour meublé). Pas de remise en cause rétroactive.

Les locations saisonnières sont-elles concernées ?

Non. L'encadrement s'applique aux baux d'habitation longue durée. Les locations saisonnières (Airbnb, etc.) ont leurs propres règles.

Combien de temps pour obtenir une réduction ?

2-6 mois en CDC, 6-18 mois en tribunal selon les délais. La régularisation peut être obtenue plus vite avec un bailleur de bonne foi.

Pour les bailleurs, l'encadrement des loyers a un impact sur les revenus locatifs et donc sur le calcul des assurances loyers impayés et PNO (Propriétaire Non Occupant). Recalculer les capitaux assurés tous les 2-3 ans permet de rester en cohérence avec la réalité du marché.

Pour aller plus loin

Vérifier votre loyer ou contester un dépassement : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.

N’attendez plus.
Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !