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Subrogation en assurance

Subrogation en assurance

La subrogation permet à l'assureur qui a indemnisé son assuré de récupérer ses droits pour agir contre le responsable du dommage. Un mécanisme prévu par l'article L121-12 du Code des assurances, quasi transparent pour l'assuré.

La subrogation en assurance est le mécanisme juridique par lequel l'assureur qui a indemnisé son assuré récupère les droits de celui-ci pour se retourner contre le responsable du dommage, ou contre l'assureur de ce dernier. Prévue par l'article L121-12 du Code des assurances, elle évite à la victime d'être indemnisée deux fois et fait porter la charge finale du sinistre à celui qui l'a causé. Pour l'assuré, le procédé est quasi transparent : il perçoit son indemnité, puis l'assureur mène le recours à sa place.

Comment fonctionne le recours subrogatoire ?

Concrètement, tout commence par l'indemnisation : l'assureur règle le sinistre à son assuré selon les garanties du contrat, sans attendre l'issue d'un éventuel procès contre le responsable. Au moment du règlement, l'assuré signe généralement une quittance subrogatoire : ce document atteste du paiement et transfère officiellement à l'assureur les droits et actions de la victime contre le tiers responsable. L'assureur exerce ensuite le recours, le plus souvent à l'amiable entre compagnies (des conventions comme l'IRSA en auto ou l'IRSI en habitation accélèrent ces échanges), parfois devant les tribunaux. La subrogation est plafonnée au montant effectivement versé : l'assureur ne peut pas réclamer plus qu'il n'a payé.

Contre qui l'assureur peut-il se retourner ?

Personne concernéeRecours subrogatoire
Tiers responsable identifiéOui, ainsi que contre son assureur de responsabilité civile
Enfants, ascendants, descendants de l'assuréNon, sauf malveillance (art. L121-12 al. 3)
Préposés, employés, personnes vivant au foyerNon, sauf malveillance
Tiers bénéficiant d'une renonciation à recoursNon, si la clause a été acceptée par l'assureur

Attention : si la subrogation devient impossible par le fait de l'assuré (par exemple parce qu'il a déchargé le responsable de toute responsabilité sans accord de son assureur), l'assureur peut être déchargé de sa garantie.

Renonciation à recours : un point de vigilance dans vos contrats

Dans certains baux commerciaux ou d'habitation, propriétaire et locataire renoncent mutuellement à tout recours en cas de sinistre. Cette clause doit impérativement être déclarée à votre assurance habitation, qui l'accepte généralement moyennant une légère surprime : à défaut, l'assureur privé de son recours pourrait réduire ou refuser sa garantie. En assurance auto, la subrogation s'appuie largement sur le constat amiable, qui détermine les responsabilités entre conducteurs : bien le remplir facilite directement le recours de votre assureur.

Cas concret : Julien, indemnisé puis remboursé de sa franchise

Julien, assuré tous risques, est percuté par un conducteur qui n'a pas respecté un stop. Les réparations de sa berline s'élèvent à 8 200 €. Son assureur l'indemnise rapidement, déduction faite de sa franchise de 300 €, soit 7 900 € versés. Muni de la quittance subrogatoire et du constat amiable désignant l'autre conducteur comme entièrement responsable, l'assureur de Julien exerce son recours contre la compagnie adverse et récupère l'intégralité des 8 200 €. Conséquence pour Julien : sa franchise de 300 € lui est remboursée, son bonus est préservé puisqu'il n'est pas responsable, et il n'a eu aucune démarche contentieuse à mener lui-même.

Le conseil du courtier Adallom

Courtier immatriculé à l'ORIAS sous le n° 11066022 depuis 2011, Adallom vérifie pour vous les clauses qui peuvent neutraliser la subrogation : renonciation à recours dans un bail, reconnaissance de responsabilité signée à la hâte, déclaration incomplète. Votre conseiller dédié vous accompagne au moment du sinistre pour sécuriser le recours de l'assureur, accélérer le remboursement de votre franchise et, grâce à la comparaison multi-assureurs, sélectionner des contrats dont les délais d'indemnisation et de recours sont réellement performants.

Foire aux questions

Qu'est-ce qu'une quittance subrogatoire ?

C'est le document signé par l'assuré lors du versement de l'indemnité : il reconnaît avoir été payé et transmet à l'assureur ses droits contre le responsable du dommage, à hauteur du montant reçu.

La subrogation change-t-elle quelque chose pour l'assuré ?

Presque rien : il est indemnisé selon son contrat, puis l'assureur agit à sa place. Si le recours aboutit, la franchise est généralement remboursée. L'assuré conserve toutefois le droit d'agir personnellement pour les préjudices non couverts par son contrat.

Mon assureur peut-il se retourner contre mon enfant qui a causé le dommage ?

Non. L'article L121-12 exclut tout recours contre les enfants, ascendants, descendants, préposés et personnes vivant habituellement au foyer de l'assuré, sauf acte de malveillance commis intentionnellement.

Qu'est-ce qu'une renonciation à recours ?

C'est une clause, fréquente dans les baux, par laquelle une partie renonce à poursuivre l'autre en cas de sinistre. Elle prive l'assureur de sa subrogation : il faut donc la déclarer à la souscription pour qu'il l'accepte et adapte éventuellement la cotisation.

Que se passe-t-il si le responsable n'est pas assuré ?

L'assureur exerce son recours directement contre lui, avec un résultat qui dépend de sa solvabilité. L'assuré, lui, reste indemnisé par son propre contrat ; pour les dommages corporels causés par un conducteur non assuré, le Fonds de garantie (FGAO) peut par ailleurs intervenir au profit des victimes.

Sur le même sujet dans le lexique Adallom

Pour aller plus loin, consultez nos définitions du constat amiable, de l'assurance au tiers, de la vétusté d'un véhicule et de la garantie corporelle du conducteur.

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