Indivision

L'indivision désigne la situation dans laquelle plusieurs personnes possèdent ensemble un même bien, sans que leurs parts respectives soient matériellement divisées.On la rencontre fréquemment lors d’une succession, d’un achat immobilier à plusieurs, ou dans le cadre d’une copropriété familiale.

Vous héritez avec vos frères et sœurs. Le bien est en indivision. Qui souscrit l'assurance habitation ? Qui paie ? Qui décide en cas de sinistre ? Les règles sont précises mais souvent ignorées. Voici comment gérer.

Définition

L'indivision est la situation où plusieurs personnes détiennent ensemble un même bien sans que la propriété soit divisée matériellement. Chaque indivisaire détient une quote-part abstraite (généralement en pourcentage).

Cadre : Code civil, articles 815 à 815-18.

Origines fréquentes :

  • Héritage entre frères et sœurs.
  • Achat à plusieurs (couple non marié, amis).
  • Donation partagée.
  • Liquidation communauté matrimoniale.

Les règles de gestion

Actes d'administration courante

Décidés à la majorité des 2/3 des indivisaires (article 815-3) :

  • Souscription d'assurance.
  • Petites réparations.
  • Location à un tiers.
  • Paiement des charges.

Actes de disposition

Nécessitent l'unanimité :

  • Vente du bien.
  • Hypothèque.
  • Démolition, gros travaux.

L'assurance d'un bien indivis

Qui souscrit ?

Idéalement, un seul indivisaire souscrit l'assurance habitation au nom de l'indivision. Solution la plus simple.

Possibilité de souscription par chaque indivisaire pour sa quote-part, mais complexe.

Qui paie la prime ?

Répartition selon les quotes-parts :

  • 3 indivisaires à 1/3 : chacun paie 1/3 de la prime.
  • 1 indivisaire à 50 %, 2 à 25 % : 50/25/25 % de la prime.

Convention possible entre indivisaires pour répartir différemment.

Qui reçoit l'indemnité en cas de sinistre ?

L'indemnisation est versée à l'indivision et répartie selon les quotes-parts.

Les difficultés fréquentes

Désaccord sur la souscription

Si un indivisaire refuse de payer sa part, l'assureur peut résilier pour défaut de paiement. Risque pour les autres.

Désaccord sur l'utilisation du bien

Si un indivisaire occupe seul le bien (résidence principale), ses frais d'occupation peuvent être à sa charge.

Refus de partage

Un indivisaire peut bloquer la vente. Recours : tribunal pour ordonner le partage.

Trois cas pratiques

Cas 1 — Indivision après héritage

3 enfants héritent de la maison parentale. Indivision 1/3 chacun. Souscription d'une MRH par l'aîné en tant que représentant. Prime annuelle 480 €. Répartition : 160 €/an chacun. Si l'un refuse de payer, l'aîné peut demander le remboursement par voie judiciaire.

Cas 2 — Couple non marié, indivision 50/50

Couple non marié achète appartement 50/50. MRH au nom commun. Si séparation, l'un peut continuer à occuper, l'autre quitte. Conseillé : convention écrite définissant qui paie l'assurance et habite. Sinon, tribunal nécessaire.

Cas 3 — Sinistre dans bien indivis non occupé

Maison en indivision, vide depuis 6 mois pendant procédure successorale. Risque d'inhabitation prolongée : déclaration à l'assureur essentielle. Si non déclaré, sinistre vol : refus possible. Conseillé : visite régulière par un indivisaire ou tiers de confiance.

Le conseil du courtier Adallom

Quatre principes pour les indivisaires. Un : souscrivez immédiatement une MRH dès l'ouverture de l'indivision. Période sans assurance = catastrophe potentielle. Deux : désignez un représentant unique pour la gestion administrative (souscription, paiement, déclaration de sinistre). Plus efficace que la gestion partagée. Trois : conservez une convention écrite entre indivisaires définissant la répartition des frais, l'occupation, et les droits en cas de sinistre. Quatre : pour les biens en indivision longue durée, envisagez la SCI familiale qui simplifie la gestion (gestion par gérant unique, parts sociales, transmission optimisée).

La conversion en SCI

Avantages de transformer une indivision en SCI :

  • Gestion par gérant unique (vs majorité 2/3 ou unanimité).
  • Transmission par cession de parts.
  • Optimisation fiscale (selon profil).
  • Plus de flexibilité.

Coût création SCI : ~1 500-3 000 € (frais notaire). Démarche complexe mais durable.

Les démarches en cas de sinistre

  1. Déclaration immédiate par tout indivisaire (chacun a ce droit).
  2. Information des autres indivisaires.
  3. Expertise contradictoire si désaccord entre indivisaires sur les dommages.
  4. Indemnisation versée à l'indivision.
  5. Répartition selon quotes-parts.

Questions fréquentes

Tous les indivisaires doivent-ils signer le contrat ?

Non, l'unanimité n'est pas requise pour la souscription d'assurance (article 815-3). La majorité 2/3 suffit.

Peut-on assurer chacun pour sa quote-part ?

Possible mais complexe. Mieux : un seul contrat global au nom de l'indivision.

Que se passe-t-il en cas de sortie d'indivision ?

Le contrat reste, mais à actualiser. Mention des nouveaux indivisaires si partage. Résiliation si vente.

Le coût d'un sinistre se répartit-il toujours selon les quotes-parts ?

Pour la franchise : oui en principe. Pour les conséquences spécifiques (négligence d'un indivisaire causant le sinistre), responsabilité personnelle de cet indivisaire.

L'assurance d'un bien en indivision

L'indivision concerne plus de 2 millions de logements en France selon les données DGFiP, dont la majorité résulte de successions non liquidées. Cette situation pose des défis spécifiques pour l'assurance habitation :

  • Souscription : un seul des indivisaires peut souscrire pour le compte de tous, mais doit en informer les autres.
  • Cotisation : répartie selon les quote-parts, mais souvent payée par le souscripteur unique avec remboursement entre indivisaires.
  • Sinistre : indemnisation versée selon les quote-parts, sauf clause contraire.
  • Résiliation : nécessite généralement l'accord de tous les indivisaires.
  • Charges courantes : remboursables par les autres indivisaires sur justificatifs.

En cas de litige entre indivisaires (refus d'un de contribuer aux charges, désaccord sur le contrat), la convention d'indivision permet de fixer les règles à l'avance. À défaut, le juge peut être saisi pour autoriser un acte d'administration que tous les indivisaires ne souhaitent pas valider. Pour les biens en indivision longue, la sortie progressive (rachat de parts par un indivisaire, partage notarié) reste généralement la solution la plus pragmatique pour clarifier la situation assurantielle.

Pour les héritiers en indivision sur un bien locatif, attention aux assurances loyers impayés et PNO (Propriétaire Non Occupant) : la souscription doit être collective, mais la gestion peut être déléguée à un mandataire indivisaire. Une délégation claire évite les blocages administratifs en cas de sinistre ou de relocation.

Pour anticiper, le pacte tontinier ou le démembrement de propriété (usufruit / nue-propriété) sont des outils alternatifs à l'indivision classique, à étudier avec un notaire pour les transmissions familiales planifiées.

Pour aller plus loin

Gérer une indivision : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.

N’attendez plus.
Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !