La réassurance est le mécanisme par lequel une compagnie d’assurance transfère tout ou partie des risques qu’elle couvre à un autre assureur, appelé réassureur.
Elle permet à l’assureur principal de se protéger contre des sinistres trop importants ou trop nombreux, tout en continuant à garantir ses assurés.
La réassurance est donc une assurance pour les assureurs, essentielle à la stabilité du système assurantiel.
À quoi sert la réassurance en assurance ?
La réassurance poursuit plusieurs objectifs fondamentaux :
- limiter l’exposition financière de l’assureur,
- sécuriser le paiement des indemnisations en cas de sinistres majeurs,
- absorber les risques exceptionnels ou catastrophiques,
- permettre aux assureurs de proposer des garanties élevées,
- préserver l’équilibre financier et la solvabilité des compagnies.
Sans réassurance, de nombreux risques seraient tout simplement impossibles à assurer.
Comment fonctionne la réassurance ?
Le principe est simple dans son fonctionnement :
- L’assureur souscrit des contrats d’assurance auprès de ses clients.
- Il conserve une partie du risque à sa charge.
- Il cède une autre partie de ce risque à un ou plusieurs réassureurs.
- En cas de sinistre important, le réassureur indemnise l’assureur selon les termes du traité de réassurance.
L’assuré final n’a généralement aucun contact direct avec le réassureur.
Les principaux types de réassurance
Réassurance proportionnelle
Dans ce cas, le risque et les primes sont partagés selon une clé de répartition définie à l’avance.
- L’assureur conserve une quote-part du risque.
- Le réassureur prend en charge le reste, dans la même proportion.
Ce type de réassurance est fréquent pour les portefeuilles importants et homogènes.
Réassurance non proportionnelle
Elle intervient uniquement au-delà d’un certain seuil de sinistres.
- L’assureur supporte les sinistres jusqu’à un montant donné.
- Le réassureur intervient au-delà de ce seuil.
Ce mécanisme est très utilisé pour les sinistres majeurs ou exceptionnels.
Réassurance facultative
Chaque risque est analysé individuellement avant d’être cédé au réassureur.
Elle est souvent utilisée pour des risques spécifiques, atypiques ou très élevés.
Réassurance par traité
Un accord global est conclu entre l’assureur et le réassureur pour couvrir automatiquement une catégorie de risques sur une période donnée.
Quels risques sont concernés par la réassurance ?
La réassurance est particulièrement utilisée pour :
- les catastrophes naturelles,
- les risques climatiques et environnementaux,
- les risques industriels majeurs,
- les grands chantiers et projets de construction,
- les risques financiers importants,
- certains contrats d’assurance vie ou de prévoyance à fort engagement.
Elle est omniprésente, même si elle reste invisible pour le grand public.
Réassurance et protection des assurés
Même si l’assuré n’est pas partie au contrat de réassurance, ce mécanisme joue un rôle clé dans sa protection :
- il garantit la capacité de l’assureur à indemniser,
- il limite les risques de défaillance financière,
- il sécurise les engagements à long terme (rentes, capitaux).
La réassurance contribue donc directement à la fiabilité des contrats d’assurance.
Exemple concret de réassurance
Un assureur couvre un parc important d’entreprises industrielles.
Un sinistre majeur survient (incendie, explosion), générant des indemnisations très élevées.
Grâce à la réassurance, une grande partie du coût est prise en charge par le réassureur, ce qui permet à l’assureur de régler rapidement les sinistres sans mettre en danger sa solidité financière.
Réassurance et réglementation
La réassurance est strictement encadrée par :
- des règles prudentielles,
- des exigences de solvabilité,
- des obligations de transparence financière.
Les autorités de contrôle veillent à ce que les assureurs disposent de programmes de réassurance adaptés à leurs engagements.
Bonnes pratiques autour de la réassurance (côté assuré)
Même si la réassurance est un mécanisme interne aux assureurs, il est utile pour un assuré de :
- choisir des compagnies solides et reconnues,
- s’informer sur la capacité financière de l’assureur,
- comprendre que certains risques sont mieux couverts que d’autres,
- privilégier des contrats clairs et bien structurés.
La présence d’une réassurance solide est un indicateur indirect de sérieux.
Questions fréquentes sur la réassurance
La réassurance change-t-elle quelque chose pour l’assuré ?
Non, le contrat et les garanties restent identiques.
L’assuré peut-il se retourner contre le réassureur ?
Non. Le lien contractuel existe uniquement entre assureur et réassureur.
Tous les assureurs utilisent-ils la réassurance ?
Oui, à des degrés variables, selon leur taille et leur exposition au risque.
La réassurance empêche-t-elle les faillites ?
Elle les limite fortement, mais ne les exclut pas totalement.
