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Habitation saisonnière

Habitation saisonnière

En assurance, l’habitation saisonnière ou résidence de vacances désigne un logement occupé de manière ponctuelle et pour une courte durée, souvent dans le cadre d’une location ou d’un usage personnel limité à quelques semaines ou mois par an.

Vous louez votre maison de vacances quelques week-ends sur Airbnb ? Vous gérez plusieurs gîtes en Dordogne ? Vous offrez votre studio à des étudiants Erasmus pour quelques mois ? Toutes ces activités sont des « locations saisonnières » au sens du droit. Et toutes nécessitent une assurance adaptée — votre contrat habitation classique ne suffira pas en cas de sinistre. Voici comment vous protéger.

Définition

L'habitation saisonnière (ou « location de courte durée ») désigne un logement loué à la nuitée, à la semaine, ou pour une période n'excédant pas 90 jours consécutifs. Elle est encadrée par :

  • L'article L.324-1 du Code du tourisme (déclaration en mairie).
  • La loi ALUR de 2014 et la loi ELAN de 2018 (encadrement des plateformes).
  • L'article 1719 du Code civil (obligations bailleur).

Elle se distingue de :

  • La résidence secondaire (utilisation personnelle, pas de location).
  • La location classique (durée ≥ 1 an, loi 1989).
  • La location meublée non saisonnière (étudiants, professionnels mobiles).

Les obligations du loueur saisonnier

Avant de louer, plusieurs démarches sont obligatoires :

Déclaration en mairie

Obligatoire pour toute location saisonnière dans 4 000+ communes (notamment celles >200 000 habitants et zones tendues). Numéro d'enregistrement à afficher sur les annonces.

Limite des 120 jours

Pour la résidence principale louée saisonnièrement : maximum 120 nuitées par an (sauf dérogation). Au-delà, requalification possible en résidence secondaire avec changement d'usage à demander.

Information des locataires

Diagnostic de performance énergétique (DPE), description précise, règlement intérieur si nécessaire.

Assurance adaptée

C'est l'oubli le plus fréquent — et le plus coûteux.

Pourquoi votre MRH classique ne suffit pas

L'assurance habitation classique couvre l'occupant et sa famille. Dès que des tiers payants entrent dans le logement, plusieurs problèmes :

  • Activité commerciale non déclarée = exclusion possible.
  • RC envers les locataires non couverte.
  • Dégâts causés par les locataires souvent exclus.
  • Vol par locataires non remboursé.
  • Dommages aux biens loués sous-plafonds ou exclus.

En cas de sinistre lié à la location, l'assureur peut refuser intégralement l'indemnisation au motif d'aggravation de risque non déclarée (article L.113-9).

Les garanties à souscrire

Extension « location saisonnière » de la MRH

Option proposée par la majorité des assureurs. Surprime 30-80 €/an selon le nombre de nuitées. Couvre la RC envers les locataires et les dommages causés par les usages saisonniers.

Contrat dédié « locations meublées de tourisme »

Pour les loueurs réguliers (>50 nuitées/an). Contrat spécifique avec :

  • RC propriétaire bailleur saisonnier.
  • Dommages aux biens loués.
  • Vol et dégradations par locataires.
  • Frais d'expulsion en cas de squat.
  • Pertes de loyers en cas d'inhabitabilité.

Garanties Airbnb / plateformes

Airbnb propose une « AirCover » incluse, mais avec des limites strictes (1 M$ globalement, exclusions nombreuses). À considérer comme un complément, pas un substitut à votre propre assurance.

Tarifs et coûts indicatifs 2026

Tarifs et coûts indicatifs 2026
TypeVolume locationSurprime annuelle
Location ponctuelle (<30 nuits/an)Quelques week-ends30 - 60 €
Location régulière (30-90 nuits)Saisons et week-ends120 - 280 €
Location continue (>90 nuits)Activité semi-pro350 - 750 €
Plusieurs gîtes (activité pro)Multi-biens800 - 2 500 € (multirisque pro)

Trois cas pratiques

Cas 1 — Dégât des eaux causé par locataire Airbnb

Studio loué via Airbnb 1 week-end. Locataire laisse couler la machine à laver, dégâts plafond voisin 4 200 €. Sans extension : refus assureur, mise en jeu de l'AirCover (couverture limitée à 1 M$, mais exigences administratives lourdes). Avec extension : indemnisation directe par MRH propre, recours ensuite contre AirCover ou caution locataire. Délai 30 jours vs 90+ jours.

Cas 2 — Vol par locataire

Maison de plage, locataire d'1 semaine vole TV, instruments musicaux : 8 600 €. Pas d'effraction (clés remises). Contrat MRH classique : refus (pas d'effraction). Contrat avec garantie « locataires saisonniers » : remboursement 8 600 € après plainte et identification du locataire (souvent traçable via plateforme).

Cas 3 — Activité non déclarée découverte après sinistre

Incendie partiel maison vacances. L'expert découvre via les voisins et Airbnb que la maison est louée régulièrement. Contrat classique non adapté. Application article L.113-9 : indemnité réduite proportionnellement (la prime aurait dû être 50 % supérieure). Indemnité 18 000 € au lieu de 27 000 € (-9 000 €).

Le conseil du courtier Adallom

Trois priorités pour louer en toute sécurité. Un : déclarez l'activité à votre assureur dès la première nuitée. Le coût marginal de l'extension (30-80 €/an) est dérisoire face au risque de sinistre non couvert (5 000-50 000 €). Deux : exigez une caution locataire (200-1 000 € selon le bien) qui couvre les dégâts mineurs sans toucher l'assurance. Beaucoup de plateformes la proposent en automatique. Trois : si vous louez plus de 90 nuits/an, votre activité est requalifiable en activité commerciale, ce qui change tout : URSSAF, fiscalité, assurance professionnelle. Faites un audit avant d'atteindre ce seuil. Un courtier peut chiffrer les conséquences en 30 minutes.

Fiscalité de la location saisonnière

  • Régime micro-BIC : abattement 50 % (recettes <77 700 €/an, meublé classique).
  • Régime micro-BIC location classée : abattement 71 % (recettes <188 700 €/an, classement Tourisme).
  • Régime réel : déduction des charges réelles, possibilité de déficit foncier.
  • TVA : exonérée si pas de prestations para-hôtelières (petit-déj, ménage quotidien, blanchisserie). Sinon, soumission à la TVA dès dépassement seuils.

Choix du régime à valider avec un comptable.

Questions fréquentes

Mon contrat MRH actuel couvre-t-il une location saisonnière ?

Rarement par défaut. À vérifier en lisant les conditions générales (souvent exclu) ou en demandant explicitement à l'assureur.

L'AirCover Airbnb suffit-elle ?

Non. Elle a des plafonds (1 M$), des exclusions nombreuses, et nécessite des preuves administratives lourdes. À considérer comme une couche supplémentaire, jamais comme l'unique couverture.

Que se passe-t-il en cas de squat ?

Procédure d'expulsion via tribunal d'instance (3-12 mois). Frais d'avocat 2-5 000 €. Perte de loyers indemnisable si garantie « impayés et squat » souscrite. À ajouter explicitement.

Faut-il un contrat de location écrit ?

Oui, pour la sécurité juridique et l'assurance. Les plateformes le génèrent automatiquement. Pour la location en gré à gré, un modèle simple suffit (état des lieux + montant + dates).

Pour aller plus loin

Sécuriser une location saisonnière : conseiller Adallom au 01 89 74 41 49.

N’attendez plus.
Protégez-vous avec Adallom dès aujourd’hui !